×

Rapport de HRW sur les abus de Feronia en RDC

Plantations Feronia : BIO doit faire respecter les normes sociales et environnementales

25 novembre 2019

Le rapport publié ce 25 novembre par Human Rights Watch, concernant le soutien apporté par quatre institutions européennes de financement du développement, dont la société belge BIO, à l’entreprise Feronia, dénonce « le lien des banques européennes de développement avec les abus commis dans l’industrie du palmier à huile en République démocratique du Congo ».

Les abus décrits dans ce rapport concernent aussi bien les mauvaises conditions de travail et les faibles salaires que les atteintes à l’environnement. Un constat similaire avait été posé par le CNCD-11.11.11 dans son rapport publié en avril dernier suite à deux missions réalisées à Lokutu, dans une des trois plantations d’huile de palme exploitées par Feronia et sa filiale en RDC, Plantations et Huileries du Congo (PHC).

Ces révélations confirment l’importance pour les institutions de financement du secteur privé dans les pays en développement de prendre les mesures nécessaires pour que les entreprises soutenues par l’aide publique au développement respectent scrupuleusement leur cahier des charges en matière de normes sociales et environnementales. C’est la condition sine qua non pour que ces investissements soient cohérents avec l’agenda 2030 de l’ONU en faveur des Objectifs de développement durable.

Les pays les plus pauvres comme la RDC ont besoin d’investissements privés pour créer des emplois et augmenter les revenus de la population. Mais ces investissements n’ont d’intérêt pour le développement durable que s’ils garantissent un niveau élevé de standards sociaux et environnementaux – ce qui à ce stade n’est manifestement pas le cas de Feronia en RDC.

C’est pourquoi le CNCD-11.11.11 se joint à Human Rights Watch pour exiger de BIO et des autres institutions européennes de financement du développement qu’elles prennent les mesures nécessaires pour que les entreprises qu’elles soutiennent respectent leur cahier des charges en matière de salaires, de conditions de travail, d’infrastructures sociales et de respect de l’environnement. Cela nécessite de renforcer le contrôle démocratique de ces investissements, aussi bien ex post que ex ante, afin de s’assurer qu’ils représentent une véritable valeur ajoutée en matière de développement durable.

Comme le souligne Arnaud Zacharie, secrétaire général du CNCD-11.11.11, ce nouveau rapport vient s’ajouter à une longue liste d’avertissements, qui n’ont jusqu’ici pas été entendus : « Depuis plusieurs années, une série d’ONG européennes ont publié plusieurs rapports mettant en évidence les problèmes constatés dans le cadre de ce projet soutenu par l’aide publique au développement. Mais ces rapports n’ont pas amené BIO et les autres institutions européennes concernées à se remettre en question. Il est plus que temps que la voix des communautés locales et des ONG qui les soutiennent soit prise au sérieux. »

RD Congo : Travail à risque dans des plantations de palmier à huile

HRW
https://youtu.be/gTlDlC4KII8

Inscrivez-vous à notre Newsletter