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Climat. Pourquoi la Belgique doit doubler sa contribution au Fonds vert ?

Véronique Rigot Véronique Rigot 7 novembre 2019

La Belgique va-t-elle rejoindre le groupe des pays ambitieux en matière de financement climatique ? Plusieurs pays voisins ont déjà confirmé qu’ils doubleraient leur contribution au Fonds vert de l’ONU pour le climat. Comme le demande la Chambre des représentants dans une résolution votée fin octobre, la Belgique doit annoncer le doublement de sa contribution pour 2020. Nous demandons au gouvernement fédéral d’octroyer 120 millions d’euros. Mais le Fonds vert, c’est quoi ? Explications.

A quoi ça sert ?
Le Fonds vert pour le climat été créé en 2009 pour devenir le principal canal par lequel le financement international climat serait acheminé. Ce Fonds prévoit une série de garanties : les pays en développement peuvent, en principe, recevoir un financement direct du Fonds et ce dernier doit assurer un équilibre entre les projets d’atténuation du réchauffement et les projets d’adaptation aux dérèglements climatiques. Il répond également aux besoins urgents des pays les plus vulnérables face aux changements climatiques tels que les petits Etats insulaires ou les pays africains et porte une attention particulière à la justice de genre.

Et la Belgique ?
La Belgique joue un rôle particulier car elle est membre (suppléant) du conseil d’administration du fonds. Pour contribuer de manière juste, la société civile considère que la Belgique doit doubler sa contribution au Fonds Vert. Ceci reviendrait à un montant total (Fédéral et Régions confondus) d’au moins 180 millions USD, soit 160 millions d’euros. C’est d’ailleurs en ce sens que les députés fédéraux ont adopté une résolution le 24 octobre dernier, demandant au gouvernement fédéral de doubler sa contribution pour 2020 [1]. Très concrètement, nous demandons donc au gouvernement fédéral d’octroyer un montant de 120 millions d’euros au Fonds Vert pour le Climat (la contribution fédérale annoncée il y a 10 ans en 2009 était de 50 millions d’euros, ce qui équivaut aujourd’hui à un montant de 120 millions d’euros, compte-tenu des taux de conversion officiels du Fonds Vert pour le Climat).

Pourquoi un doublement ?
Nous sommes très loin d’atteindre l’objectif collectif de 100 milliards de dollars annuels d’ici 2020, promis lors de la COP15 à Copenhague. Il est indispensable, à échelle internationale, de donner un coup d’accélérateur pour redonner confiance dans les négociations climatiques d’une part, et subvenir effectivement aux besoins de plus en plus grands des pays en développement. Pour mener à bien le refinancement du Fonds Vert et assurer ainsi sa pérennité et son bon fonctionnement, les pays donateurs doivent s’engager, au minimum, à doubler leurs contributions initiales.

Qu’ont annoncé les autres pays ?
De nombreux pays donateurs ont d’ores et déjà annoncé qu’ils doubleraient leurs contributions pour la nouvelle période de réapprovisionnement des ressources (2020-2023) : l’Allemagne et la Norvège lors de la COP24, le Royaume-Uni et la France lors du G7 cet été, la Suède et le Danemark lors du Sommet d’Action sur le Climat du 23 septembre dernier ainsi que le Luxembourg lors de la session officielle de refinancement à Paris, le 25 octobre 2019.

Tags: Climat

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