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Plan de paix Trump

Sans feu rouge européen, l’annexion de la Palestine aura lieu

Communiqué de presse

28 janvier 2020

Ce mardi 28 janvier 2020, le plan du président Trump pour le Moyen-Orient a enfin été divulgué. Il avalise l’annexion israélienne du territoire palestinien, ce qui empêcherait toute possibilité de développement pour le peuple palestinien. Pour sauvegarder la solution à deux États qu’elles défendent ainsi que la crédibilité du droit international, le CNCD-11.11.11 appelle la Belgique et l’Union européenne à imposer un feu rouge clair au plan américain et à l’annexion du territoire palestinien par Israël.

Voici, en résumé, les grandes lignes du plan du président Trump. Pour Israël : Jérusalem comme capitale, une et indivisible ; annexion des colonies de Cisjordanie, de la Vallée du Jourdain dans son ensemble, ainsi que de l’entièreté du Golan syrien. Pour les Palestiniens : une capitale « à l’Est de Jérusalem » (probablement Abu Dis) et la promesse d’un plan de 50 milliards d’investissements s’ils acceptent le plan américain ainsi qu’une série de conditions comme le respect des droits humains, la fin de la corruption mais aussi le rejet du Hamas et du Jihad islamique ou le soutien aux prisonniers politiques et aux familles des victimes de l’occupation.

Après des effets d’annonce à répétition, l’administration Trump a enfin divulgué le contenu de son soi-disant « plan de paix » pour le Moyen-Orient. Plutôt qu’un plan de paix, la proposition américaine équivaut à un alignement total sur l’agenda annexionniste israélien, sans consultation ni aval de la part des Palestiniens et en violation flagrante du droit international. Or aucun processus ne peut prétendre atteindre la paix sans présence des Palestiniens et sans concertation au sein des Nations Unies.

Tous les regards se tournent aujourd’hui vers l’Union européenne. Il est peu probable qu’une annexion israélienne partielle ou totale du territoire palestinienne s’opère avant la tenue des élections prévues le 2 mars prochain en Israël. Il reste donc un peu plus d’un mois à l’UE pour empêcher que cette annexion se produise.

Avec actuellement cinq membres au Conseil de sécurité (quatre à partir de vendredi), l’UE a la capacité d’isoler les États-Unis et de rejeter le plan proposé. La Belgique exercera d’ailleurs la présidence du Conseil de sécurité durant le mois de février et peut jouer un rôle central dans cet effort.

Mais désavouer ce plan n’empêchera pas l’annexion du territoire palestinien de se produire. Les deux principaux protagonistes des élections israéliennes, Benjamin Netanyahou et Benny Gantz se sont tous deux prononcés en faveur de l’annexion de la Vallée du Jourdain. « Si elle veut sauvegarder la solution à deux États et défendre le respect du droit international, l’Union européenne doit rejeter le plan de paix américain et annoncer des contre-mesures claires en cas d’annexion du territoire palestinien », souligne Nathalie Janne d’Othée, chargée de recherche sur le Moyen-Orient au CNCD-11.11.11. « La suspension de l’accord d’association avec Israël, une interdiction du commerce avec les colonies, l’appui à la publication de la base de données des Nations Unies des entreprises présentes dans les colonies sont autant de mesures à la disposition de l’UE pour pousser Israël à respecter le droit international  ».

L’Union européenne peut en outre veiller à sauvegarder l’indépendance de la Cour Pénale Internationale et soutenir les efforts entrepris par la Procureur Bensouda pour traiter des violations du Statut de Rome en Palestine occupée.