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Plan National Energie Climat : Zéro pointé pour la Belgique

Rebecca Thissen Rebecca Thissen 18 juin 2019

Ce mardi 18 juin, la Commission européenne a publié ses recommandations sur le Plan National Energie Climat 2030 de la Belgique et de l’ensemble des Etats membres. Les résultats sont globalement décevants et les pays vont devoir redoubler d’efforts pour aligner leurs objectifs avec les engagements de l’Accord de Paris. La Belgique doit retravailler sa copie. Le CNCD-11.11.11 vous propose quelques éléments d’analyse.

La Commission est bien consciente du défi que constitue la répartition des compétences entre les différentes entités fédérées et fédérale en Belgique pour parvenir à un seul Plan National Energie Climat (PNEC) intégré, comme demandé par le Règlement européen sur la Gouvernance. Elle indique également que les différentes contributions et informations fournies varient en fonction des entités. Des efforts de coordination sont donc demandés, tout en veillant à assurer la cohérence globale et la cohérence entre les plans fédéral et régionaux. Pour la Commission, le Pacte interfédéral sur l’énergie est un « pas dans la bonne direction ».

Rehausser les objectifs

Le Plan National Energie Climat de la Belgique est actuellement soumis à consultation publique [1]. Dans ses recommandations publiées ce jour, la Commission européenne confirme le diagnostic : la Belgique manquera très certainement ses objectifs climatiques pour 2020 et n’est pas sur la bonne voie pour 2030 [2]. Elle dénonce tout d’abord le manque d’ambition significatif en termes de développement des énergies renouvelables par rapport à la répartition des objectifs européens. Constat identique pour l’amélioration de l’efficacité énergétique. Au niveau de la réduction des gaz à effet de serre (GES), elle pointe l’absence d’informations sur la portée, le calendrier et les impacts attendus des politiques et mesures nécessaires pour atteindre les objectifs, notamment dans les secteurs du bâtiment et des transports. Plus largement, cette critique s’applique à l’ensemble des politiques et mesures proposées. Le manque d’informations et de prévisibilité rend difficile l’évaluation de la réalisation des ambitions fixées.

Il manque un plan d’investissement

La Commission émet également des recommandations concernant l’identification des besoins d’investissements. Les informations fournies par le projet de plan sont essentiellement axées sur un secteur ou une mesure en particulier. Il manque une évaluation complète des besoins totaux d’investissement pour atteindre les objectifs et des « informations sur les sources de financement nationales, régionales et communautaires à mobiliser  ». La version actuelle ne contient pas non plus d’évaluation d’impact des politiques et mesures prévues, pourtant indispensable.

L’urgence écologique est aussi sociale

Un autre point important de l’avis est le manque d’intégration de la transition juste. La Commission relève l’importance de tenir compte des impacts sociaux tout au long du processus. Si elle salue la mention de l’éducation et de la formation pour certaines professions et certains secteurs dans le plan, elle regrette qu’il n’y ait pas plus de détails sur ces aspects.

Notons enfin que la Commission a rendu son avis aujourd’hui, deux jours avant le Conseil européen des 20 et 21 juin. En effet, l’ambition climatique à long terme est à l’agenda. Antonio Guterres, le Secrétaire Général des Nations-Unies, a par ailleurs rappelé à l’Union européenne l’importance de se positionner en tant que leader de l’action climatique et de rehausser ses objectifs en vue du Sommet Climat qu’il organise en septembre à New York [3].


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