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Afrique centrale

Commerce transfrontalier : les femmes en ligne de mire

27 avril 2018

L’évolution positive du Rwanda ne doit pas masquer les graves problèmes qui continuent de se poser pour les femmes d’Afrique centrale, notamment la violence domestique et les viols. Un projet actuellement soutenu vise à apporter des réponses très concrètes.

Dans la région frontalière du Rwanda, du Burundi et de la République démocratique du Congo, le petit commerce alimentaire constitue une source vitale de revenus. Il est pratiqué à 80% par les femmes.

Dès l’aube, ces femmes se mettent en route, panier sur la tête, pour vendre du manioc ou des tomates de l’autre côté de la frontière, en espérant en tirer un maigre profit, juste assez pour faire vivre la famille. Les hommes ne participent pas à cette activité, perçue comme inférieure. Souvent, ils attendent un emploi dans l’administration, le plus important employeur de la région, quand ils ne sont pas occupés à faire la guerre !

Cette situation rend le commerce frontalier particulièrement dangereux pour les femmes. La nuit tombée, elles s’exposent aux vols, voire aux viols, nombreux dans la région.

Elles font face aussi à la corruption des fonctionnaires de douanes, qui profitent de leur ignorance pour leur soutirer des « bakchichs ». Souvent, elles perdent ainsi la moitié de leur maigre bénéfice. Un projet de Pro-Femmes, soutenu par l’Opération 11.11.11, leur offre des réponses très concrètes. Il permet à des centaines de femmes de bénéficier de formations, afin qu’elles ne soient plus démunies face aux douaniers. Fortes de leurs connaissances des règles et des véritables droits de douane, elles ne se laissent plus rançonner !

Parallèlement, un travail de plaidoyer politique a été entrepris par Pro-Femmes, afin que les Etats prennent en compte l’importance de ce commerce frontalier pour la vie des familles et les droits des femmes. Un exemple : les femmes rwandaises qui vivent du petit commerce informel n’ont pas le droit de revenir dans leur pays avec les produits alimentaires si ces derniers n’ont pas été totalement vendus de l’autre côté de la frontière. Cela les oblige à brader leurs marchandises à la fin de la journée. Pro-Femmes relaie leur plaidoyer auprès du gouvernement rwandais pour que ce genre de règles soient aménagées et pour réduire toutes les tracasseries administratives. Ce travail de fond a peu à peu des conséquences positives pour les revenus des familles.

Ce projet est l’un des exemples du travail sérieux d’une organisation qui améliore concrètement les droits des femmes, mais aussi leurs revenus. Dans les prochains mois, le CNCD-11.11.11 entamera un nouveau programme pluriannuel avec Pro-Femmes.

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