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Les impacts genrés du Coronavirus

Les femmes sur la ligne de front de la pandémie

Carine Thibaut Carine Thibaut 21 avril 2020

Les gouvernements doivent intégrer les impacts genrés de la pandémie pour éviter que les femmes, fortement impactées par le coronavirus et le confinement, ne soient aussi perdantes quand le virus sera maîtrisé.

Comme l’annonce le Forum Economique Mondial, « les retombées du Coronavirus pourraient être pires pour les femmes que pour les hommes » [1]. Tous les secteurs qui sont en première ligne face au virus sont majoritairement constitués de travailleuses. De la santé, des maisons de repos, du nettoyage jusqu’à l’alimentation, ces secteurs largement féminisés sont souvent essentiels mais mal rémunérés.

En Chine, les autorités ont envoyé 42.800 personnels de santé renforcer les équipes existantes dans la province de Hubei, épicentre de l’épidémie. Parmi ceux-ci, deux tiers étaient des femmes [2]. Ce qui n’a rien d’étonnant au vu de la féminisation importante du secteur. D’après les chiffres de l’organisation étatique « Fédération des femmes de Shangaï », la moitié des médecins sont des femmes et 90% des infirmiers sont des infirmières. En Belgique, « d’après derniers chiffres de l’ONSS disponibles, le secteur hospitalier est composé de 80% de travailleuses. » [3]

Des chiffres en Belgique et en Chine qui corroborent une tendance mondiale. L’OMS a étudié le personnel de santé dans 104 pays et 70% de la main d’œuvre mondiale dans le domaine de la santé sont des femmes [4]. Mais Le travail féminin n’y est toujours pas reconnu de manière égale. Ainsi, le rapport de l’OMS révèle que la moyenne d’écart salarial entre hommes et femmes est de 28%. Si l’on neutralise les variables de temps de travail et de fonction occupée, l’écart salarial reste de 11%.

Par ailleurs, dans les pays du Sud, en raison de la pénurie du personnel médical et de la faiblesse des structures de santé, de nombreuses femmes en dehors du secteur de la santé vont prendre soin de malades du COVID. Le rôle de soin – le ‘care’ – est en effet un rôle traditionnellement dévolu aux femmes et aux filles.

La surreprésentation de femmes est encore plus élevée dans les autres secteurs qui sont sur la ligne de front : les maisons de repos, le nettoyage, les crèches [5] et la grande distribution alimentaire. Des secteurs caractérisés eux-aussi par une dévalorisation. Considéré comme le prolongement d’une sorte de « nature féminine » qui prend soin des autres, ces métiers ne mériteraient pas une rémunération juste. En Belgique, les infirmières, les caissières, les aides-soignantes ont un salaire mensuel inférieur au salaire moyen des Belges. Une caissière touche en moyenne 2 357 euros alors que le salaire moyen est de 3 358 euros [6].

Cette tendance n’est pas spécifique à la Belgique. On la retrouve partout dans le monde. Alors qu’elles prennent de nombreux risques, il n’est pas sûr que les femmes en soient récompensées pendant la crise ou même après, surtout si l’austérité frappe durement ces secteurs. Gageons néanmoins que la crise du coronavirus, qui a révélé l’importance essentielle de ces métiers et des services publics, constitue une prise de conscience à plus long terme qui revalorise ces métiers.

Le lourd tribu des femmes à Ebola

Pendant l’épidémie d’Ebola en Afrique de l’Ouest, les femmes ont été plus touchées que les hommes en raison de leur prédominance dans le secteur des soins de santé et de leur rôle dans les soins au sein de la famille, dont les rituels lors d’un enterrement. Pour rappel, entre 2014 et 2016, 28 646 personnes sont infectées par le virus, dont 11 313 décèdent. L’épidémie frappe de plein fouet trois pays [7] dont le système de santé est déjà très fragilisé et qui sortent de crises politiques pour deux d’entre eux (le Libéria et la Guinée).

Le manque de prise en compte du genre dans la réponse immédiate ainsi que dans la réhabilitation des soins de santé après l’épidémie a conduit à une raréfaction des ressources liées à la santé sexuelle et reproductive tant en termes de services que de médicaments : ce qui inclut l’accès aux différentes méthodes contraceptives au suivi pré et postnatal. « En l’espace de 18 mois pendant le pic de l’épidémie d’Ebola, la mortalité maternelle a augmenté de 75% en Guinée, au Libéria et au Sierra Leone » [8]. En raison de la fermeture des écoles et du manque d’accès aux contraceptifs, les grossesses chez les adolescentes explosent.

L’épidémie affecte aussi durablement le personnel de santé. Les femmes travailleuses de la santé payent un lourd tribut à Ebola, dans un pays déjà fort affecté par le manque de ressources humaines dans le secteur de la santé. On estime ainsi que 4 022 femmes sont mortes en accouchant dans ces trois pays en raison du manque de personnel de santé qualifié, décimé par Ebola. [9]

En Afrique de l’Ouest, hommes comme femmes ont été affectés par Ebola, mais les hommes ont plus rapidement retrouvé des niveaux de revenus équivalents à ceux qu’ils percevaient avant l’épidémie. Ce ne fut pas le cas des femmes qui ont ressenti les effets pendant encore des années. Car elles ont du s’occuper de leurs familles. On a ainsi observé des taux de vaccination qui ont décliné pendant Ebola, ce qui a mené de nombreux enfants à contracter des maladies évitables. En conséquence, les mères se sont vues obligées de quitter leur travail formel ou informel pour s’occuper de leurs enfants malades. [10]

Zika et la santé sexuelle et reproductive

En 2016, Zika frappe de plein fouet les pays latino-américains. Le lien entre la contraction du virus Zika et le risque de micro encéphalite pour les nouveaux nés est établi en 2016 par l’OMS.

La dimension genrée de l’épidémie est évidente. Les pays les plus affectés – Colombie, Salvador, Jamaïque, Equateur – demandent aux femmes de reporter leurs grossesses, oubliant que cela ne peut se faire que si l’on a accès aux contraceptifs, à la pilule du lendemain ainsi qu’à des services d’interruption volontaire de grossesse. « Les recommandations que les femmes évitent de tomber enceinte, aient des rapports sexuels protégés ou s’abstiennent d’avoir des relations sexuelles partent de la présomption que les femmes dans les régions affectées ont une liberté sexuelle importante. Le taux important de grossesses non désirées suggère pourtant le contraire » [11]. Au Brésil, 79% des femmes utilisent une méthode contraceptive, ce pourcentage masque pourtant de fortes disparités entre régions. Dans les zones les plus affectées par le Zika – le nord et le nord-est du Brésil – les femmes ont moins facilement accès aux méthodes contraceptives, en utilisent moins souvent et utilisent des méthodes qui sont moins efficaces.

L’inexistence d’accès à l’interruption volontaire de grossesse dans des conditions légales et sûres a eu une forte incidence sur les femmes enceintes qui désiraient interrompre cette grossesse. Les pays latino-américains à l’exception notable de l’Uruguay et de la ville de Mexico, pénalisent l’avortement dans de nombreux cas, voire dans tous les cas comme au Salvador, au Nicaragua et en République Dominicaine (même quand la vie de la mère est en danger). Le Guttmayer Institut a procédé à une étude sur base des chiffres issus des urgences hospitalières : en 2008, 4,4 millions d’avortements ont eu lieu en Amérique Latine, dont 95% se sont réalisés dans des conditions qui ne sont sûres d’un point de vue sanitaire. Au vu de la prépondérance des moustiques dans certaines régions plus pauvres, du manque d’éducation sexuelle, d’accès aux contraceptifs et encore moins à des avortements sûrs, il n’est pas étonnant qu’au Brésil, l’épidémie se soit concentrée sur les femmes de couleur des régions les plus pauvres du pays.

De l’importance des données sexospécifiques dans la lutte contre le coronavirus

On connaît encore mal le coronavirus, et ce malgré le travail acharné de milliers de laboratoires pour mieux en comprendre le mode de fonctionnement. Des statistiques des hospitalisations et des décès en Chine, on a pu tirer certaines vulnérabilités spécifiques qu’il faut encore prendre avec des pincettes.

Les hommes décèdent-ils plus facilement du COVID-19 ? Il semble que la réponse soit oui d’après une étude de l’OMS sortie à la mi-mars [12]. En Allemagne par exemple, 60% des décès enregistrés étaient masculins. En Italie, 70% des décès. En Espagne, les hommes auraient deux fois plus de chances de décéder du virus que les femmes. Des chiffres qui varient par ailleurs selon les pays : la surreprésentation masculine dans la morbidité du virus est plus grande en Italie qu’en Chine.

Bien que la prudence s’impose pour expliquer une telle différence, certains académiques avancent plusieurs hypothèses. Les raisons en seraient immunologiques : d’après Sabra Klein, une scientifique travaillant à l’école de santé publique Johns Hopkins Bloomberg, un centre de référence mondial en matière d’épidémiologie, « les femmes auraient un système immunitaire plus solide » [13]. On trouve également une proportion plus importante de fumeurs dans la population masculine. Une autre raison avancée par la scientifique serait d’ordre comportemental : plusieurs sources ont montré que les hommes se lavent moins souvent les mains que les femmes.

Par ailleurs, certaines données ne sont pas accessibles. En Belgique comme aux Etats-Unis, les chiffres de contamination et de décès ne sont pas désagrégés par sexe. L’importance de tenir compte du sexe dans la compréhension de la propagation du virus est aussi importante dans la constitution des groupes tests pour les vaccins et les médicaments. Le New York Times révélait dans un article paru le 3 avril qu’entre 1998 et 2000, les femmes représentaient à peine 22% des groupes tests pour les nouveaux médicaments, avec des conséquences directes sur le fait que pour 8 médicaments nouvellement mis sur le marché sur 10, ces derniers comportaient des risques cardio-vasculaires accrus pour les femmes.

L’inexistence de données désagrégées par sexe ainsi que le manque de représentativité des femmes dans les tests part du postulat que les hommes et les femmes ont des corps relativement semblables à l’exception des organes sexuels. Parfois, le désintérêt des scientifiques pour l’étude du corps des femmes s’exprimait aussi par une complexité accrue liée aux effets des hormones. Le postulat de la similarité corporelle entre hommes et femmes a été depuis un certain temps battu en brèche, même dans le cas du COVID. Une étude - qui n’a pas encore fait l’objet d’une révision par des pairs- a été réalisé en Chine sur des patients atteints du COVID a mis en évidence une présence plus importante d’anticorps chez les femmes que chez les hommes [14].

Il est d’une importance cruciale de mettre en place des bases de données qui tiennent compte du sexe [15].

Travail et tâches domestiques en temps de confinement

D’après les derniers chiffres de l’Unesco, 89,5% de la population mondiale d’étudiant.es (du primaire au supérieur) est affecté par les fermetures d’écoles [16]. Cette fermeture des écoles a un double impact sur les femmes.

Tout d’abord, les femmes sont souvent celles qui assument le plus les tâches domestiques ainsi que le soin aux enfants. D’après l’OIT, 76,2% des heures de soins non payées sont réalisées par des femmes [17]. Bien que les femmes aient plus accès que dans les années 1950 au marché du travail, elles sont encore trop nombreuses à assumer une double journée de travail. Après le travail rémunéré, vient le travail domestique. Pour les familles issues de la classe moyenne, qu’elles soient en Europe, sur le continent asiatique, africain ou latino-américain, le fait que les femmes accèdent au marché du travail s’est résolu non par une nouvelle redistribution des tâches au sein des couples, mais par une externalisation des tâches domestiques. Les familles ont engagé d’autres femmes de milieux populaires qui effectuent ces dernières. Avec le coronavirus, cette organisation interne a volé en éclat dans bien des cas.
Quant aux familles monoparentales, le partage des soins des enfants est impossible. D’après l’OCDE, en 2014, un enfant sur cinq vit dans des familles monoparentales [18]. A titre d’exemple, en Belgique, cela concerne une famille sur quatre et pour 83% d’entre elles, ce sont des femmes qui en sont à la tête. Avec de fortes disparités régionales, puisque la plupart se trouve à Bruxelles et en Wallonie. [19]

De nombreuses femmes en Italie comme en Corée du Sud se sont ainsi vues limitées dans leur travail et leurs opportunités socioéconomiques [20]. Dans la famille, c’est souvent la femme dont le revenu est moins élevé qui prend congé pour s’occuper des enfants. Une maman coréenne, Madame Sung, témoignait au plus fort de la crise à la BBC se sentir incapable de travailler avec les enfants à la maison, son mari ayant une fonction ne lui permettant pas de demander des congés. « Sa situation reflète les tristes résultats d’égalité entre les hommes et les femmes en Corée. Beaucoup d’entreprises ne le diront pas explicitement, mais elles considèrent les femmes comme un poids, avec moins d’esprit de compétition. » [21] Certains Etats ont pris des mesures pour soutenir les parents, spécifiquement les femmes. Le Japon est l’un d’entre eux, le pays a décidé d’octroyer un supplément de salaire aux personnes obligées de prendre congé pour s’occuper de leurs enfants. D’autres imaginent la possibilité des congés supplémentaires pour les parents.

Si les femmes sont obligées de travailler au sein d’entreprises ou services essentiels, elles se retrouveront dans des situations encore plus complexes pour faire garder leurs enfants, pour peu que l’Etat n’ait pas prévu d’ouvrir des services de garde et de maintenir les crèches ouvertes.

Il est d’autant plus important que les couples profitent des temps de confinement pour repenser le partage des tâches. Il est aussi important que les employeurs soient conscients des limites de ce qui peut être demandé et que cela ne puisse affecter les carrières futures des femmes. Quant aux Etats, ils ont des leviers à leur disposition pour soutenir les femmes, que ce soit par la mise sur pied de services de garde pour celles qui sont obligées de travailler, ou par l’octroi de congés exceptionnels.

Quand les écoles ferment, que deviennent les filles ?

Autre effet, les fermetures des écoles dans 188 pays vont frapper plus durement les filles que les garçons. Unesco et Plan International tirent ainsi la sonnette d’alarme : « Parmi les filles qui n’ont plus accès à l’école, plus de 111 millions vivent dans les pays les moins développés du monde, où il est déjà extrêmement difficile d’obtenir une éducation. (…) Nous commençons seulement à comprendre les impacts économiques du COVID-19, mais nous nous attendons à ce qu’ils soient généralisés et dévastateurs, surtout pour les femmes et les filles. Dans les pays du Sud, où des mesures de protection sociale limitées sont en place, les difficultés économiques causées par la crise se répercuteront sur les familles, qui devront alors assumer les coûts financiers et réfléchiront au bien-fondé de la scolarisation de leurs filles.  » [22] On retire en effet plus facilement les filles de l’école que les garçons – plus particulièrement dans le secondaire – car on considère encore que l’instruction n’est pas nécessaire pour remplir des rôles traditionnels de mères et épouses.

De même, dans les pays du Sud, pour éviter une déscolarisation massive, il faut penser à des enseignements à distance qui tiennent compte de l’accès aux technologies, de l’écart entre filles et garçons dans la maîtrise des technologies, par exemple en favorisant la radio plutôt qu’internet. Les mêmes organisations préconisent, lorsque les écoles réouvriront, de faciliter l’intégration des filles, même si ces dernières sont enceintes. En effet, lors de l’épidémie d’Ebola, les grossesses adolescentes ont explosé dans plusieurs pays, comme le Sierra Leone qui a vu une augmentation de 65% des grossesses adolescentes dans certaines communautés. A l’époque, beaucoup de filles n’ont jamais pu reprendre le chemin de l’école en vertu d’une législation qui interdit aux jeunes filles enceintes d’aller à l’école.

 [23] Une lueur d’espoir : cette législation vient juste d’être annulée par le Sierra Leone qui s’apprête à fermer les écoles, ce qui constitue une victoire pour les organisations féministes qui ont lutté pour ce changement [24]. Cependant, cette interdiction continue d’exister dans de nombreux autres pays.

Entre se protéger face au virus et nourrir sa famille, le dilemme des femmes de milieux populaires des pays du Sud

Plusieurs pays du continent africain ont pris des mesures drastiques pour limiter la propagation du virus, en limitant les entrées sur leur territoire, en instaurant des confinements et en fermant les écoles. L’Afrique est elle aussi au ralenti comme le reste du monde. Les Etats africains n’ont pas traîné à identifier le problème et à y réagir, car tout le monde a encore en mémoire Ebola et les milliers de morts qui auraient pu être évitées si des mesures drastiques avaient été prises de manière anticipée. La crainte d’être totalement débordé dans des pays où les systèmes de santé sont fragiles est également présente dans tous les esprits.

Pourtant, tout comme en Inde, se retrouver confiné n’a pas la même signification selon que l’on soit issu de la classe moyenne ou que l’on vive dans un quartier populaire. Entre la perte de revenus liés à l’arrêt brutal de toute l’économie, s’ajoute pour les femmes des quartiers populaires le fait de n’avoir aucune réserve de denrées pour nourrir une famille dont elles sont en grande majorité responsables. Par ailleurs, les injonctions de « social distancing » sont impossibles à respecter lorsqu’on partage avec six autres personnes un logement étroit dans un quartier populaire où les voies d’accès sont de sentiers et des corridors, ce qui fait dès à présent redouter une contamination qui touchera plus largement les milieux populaires des pays du Sud.

Quand la maison est plus dangereuse que le coronavirus

La quarantaine a aussi des effets sur les violences conjugales. La promiscuité ainsi que le manque de sorties à l’extérieur exacerbent les tensions dans les couples, menant parfois à des actes de violences physiques et psychologiques. Les femmes et enfants qui vivaient déjà dans des familles violentes se retrouvent enfermés pendant la quarantaine avec leurs abuseurs. De l’Allemagne au Brésil, on observe une augmentation du signalement des cas de violences [25]. Rien que dans la province d’Hubei en Chine, les signalements de violences domestiques ont triplé pendant le confinement du mois de février [26]. Il en va de même en Espagne où les lignes gratuites d’appel enregistrent une augmentation de 12,48% [27].

Et cela ne reflète qu’une partie de la réalité. En effet, les femmes qui peuvent contacter la police ou téléphoner aux lignes d’appel ne représentent pas toutes les victimes de violences. Certaines n’osent pas passer des coups de fil alors qu’elles partagent le même espace avec leurs partenaires violents. C’est ainsi que des organisations féministes italiennes ont observé une baisse du nombre d’appels, mais une augmentation des emails et messages désespérés de femmes retranchées dans leur salle de bain pour contacter les services d’aide [28].

Différents pays ont pris à bras le corps la lutte contre les violences conjugales et intrafamiliales. A Bruxelles, la police a décidé de recontacter toutes les personnes qui avaient dans les trois mois précédents la quarantaine dénoncé des faits de violence dans leur famille. Ce contact a pour objectif de faire un suivi sachant que le confinement exacerbe la violence préexistante.

En Espagne, où le confinement est strictement appliqué, l’Etat a annoncé que les femmes qui désiraient quitter leur maison pour porter plainte n’auraient aucune amende. Certains parquets italiens ont dans un verdict salué par les organisations féministes déclaré que les abuseurs seraient mis hors de leur domicile en cas de violence conjugale. Plusieurs Etats ont renforcé la publicité des lignes gratuites de soutien, un meilleur accès à des psychologues en ligne ainsi que le soutien effectif aux centres d’accueil.

Les expériences passées d’épidémies ont montré que les femmes en payent un lourd tribu, même si comme dans le cas du COVID, elles ne sont pas les premières à en décéder. La crise du coronavirus aura en tout cas eu le mérite de mettre en exergue le caractère essentiel des métiers en première ligne de la pandémie, qui dans tous les pays du monde, sont peu valorisés. La sortie de crise ne pourra pas faire l’économie de les revaloriser à leur juste mesure [29].

[3Blogie, E., « Les femmes en première ligne face au coronavirus », Le Soir, 25 mars 2020.

[4Voir Boniol M, McIsaac M, Xu L, Wuliji T, Diallo K, Campbell J. Gender equity in
the health workforce : analysis of 104 countries : Working Paper 1. Geneva :
World Health Organization, 2019.

[5En Belgique, à peine 4% d’hommes travaillent dans les crèches.

[6Blogie, E., « Les femmes en première ligne face au coronavirus », Le Soir, 25 mars 2020.

[7Libéria, Sierra Leone, Guinée.

[8Sara E. Davies, Belinda Bennett A., « A gendered human rights analysis of Ebola and Zika : locating gender in global health emergencies », https://www.chathamhouse....

[9David K. Evans, Markus Goldstein and Anna Popova, « Correspondence : health-care worker mortality and the
legacy of the Ebola epidemic », dans Lancet Global Health 3 : 8, 2015.

[10David K. Evans, Markus Goldstein and Anna Popova, « Correspondence : health-care worker mortality and the
legacy of the Ebola epidemic », dans Lancet Global Health 3 : 8, 2015.

[11Idem, page 10.

[13Jennote, A., Matriche, J., « Le virus est-il plus féroce avec les hommes », Le Soir du 25 mars 2020.

[15On retrouve cette recommandation dans le guide line développé par UNICEF qui appelle même les états à aller plus loin en y incluant l’âge (ce qui est le cas en Belgique) ainsi que le fait d’être porteur d’un handicap.

[16Cela représente 1.543.446.152 apprenants touchés qui sont répartis dans 188 pays ayant décidé de fermer les écoles.

[291300 organisations dont le CNCD-11.11.11 ont signé un appel pour une réponse politique féministe au COVID 19. Le texte de l’appel est disponible : http://feministalliancefo...