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En bref

Large consensus pour un monde juste et durable… dans les programmes !

24 août 2019

A quelques jours des élections, le CNCD-11.11.11 publie les réponses des six principaux partis politiques francophones à son mémorandum. Au total, 71 questions ont été posées, les partis étant invités à y répondre par OUI ou par NON, en expliquant le cas échéant, comment ils comptent mettre la mesure en œuvre ou, au contraire, pourquoi ils s’y opposent.

Le résultat qui s’en dégage est assez encourageant : tous les partis politiques partagent au moins les deux tiers de nos demandes et s’engagent à les mettre en œuvre. Un résultat qui s’explique par le fait que les revendications du CNCD-11.11.11 sont le fruit d’une large concertation pluraliste, impliquant non seulement ses membres, mais un tas d’organisations participant aux plates-formes qu’il coordonne. Mieux, à l’exception du Mouvement réformateur (MR), tous les partis disent partager plus de 90% des recommandations du mémorandum du CNCD-11.11.11.

Où se situent les principales lignes de démarcation ? La première d’entre elles se situe sur le terrain de la souveraineté alimentaire. Si le CNCD-11.11.11 a, de longue date, promu l’objectif de souveraineté alimentaire par le soutien de l’agriculture familiale et paysanne, le MR affirme clairement ne pas se retrouver dans ce modèle : pour le parti libéral, il est nécessaire de soutenir aussi les autres modèles agricoles, que ce soit en Europe ou dans les pays du Sud.

Deuxième distinction claire : les migrations. Si tous les autres partis affirment la nécessité d’un changement de cap par rapport aux politiques menées ces cinq dernières années, le MR assume le bilan du gouvernement qu’il a dirigé ces cinq dernières années, mettant à plusieurs reprises en évidence que les mécanismes de protection des droits humains « existent déjà » et ne nécessitent pas de renforcement particulier.

Troisièmement, la fiscalité est, sans surprise, un point sur lequel les partis ont des visions différentes. Si tous défendent la mise en place de taxes mondiales du type de la taxe sur les transactions financières, ainsi qu’une fiscalité unitaire pour les multinationales, le point qui fait le plus débat est l’impôt des sociétés. Le MR estime que son taux devrait continuer à baisser, les autres partis s’accordent sur un taux minimal mais, pour la plupart, sans s’engager sur la hauteur de celui-ci.

Quant à l’aide publique au développement, tout le monde s’accorde sur la nécessité d’y consacrer au plus vite 0,7% du revenu national brut de la Belgique. Comme à chaque élection. Pourtant, ce taux n’a jamais été atteint en Belgique depuis que l’engagement a été pris il y a cinquante ans. Un constat qui doit nous inciter à la prudence : s’il est enthousiasmant de voir que tous les partis s’accordent à soutenir l’essentiel de nos propositions, rappelons-nous qu’à ce stade, il ne s’agit que de promesses… D’où l’importance de prendre en compte les bilans des différents gouvernements, et surtout de rester mobilisés après les élections pour défendre un monde juste et durable. La démocratie ne s’arrête pas à l’isoloir.

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