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Cycle de webinaires en vidéos

L’impact du COVID-19 sur la justice migratoire.

Cécile Vanderstappen Cécile Vanderstappen 28 avril 2020

Quel est l’impact de la pandémie du COVID-19 sur les droits des personnes migrantes en Belgique et ailleurs ? Durant ces mois d’avril et de mai 2020, le CNCD-11.11.11, son homologue néerlandophone 11.11.11 et leurs membres proposent une série de webinaires (séminaires en ligne) sur différents volets de la justice migratoire en lien avec la pandémie du COVID-19. L’objectif est de rassembler des informations de terrain et expertises sur l’impact de la pandémie sur les droits des personnes migrantes en Belgique, en Europe et au niveau international. Ces échanges ont pour but également de contribuer à l’élaboration de pistes de recommandations politiques sur le court et moyen termes.

Présentation

Depuis mi-mars, suite aux mesures de lutte contre le COVID 19 telles la fermeture des frontières et l’obligation de confinement d’une large partie de la population mondiale, la situation des droits des personnes migrantes s’est d’avantage fragilisée.

Voici quelques exemples qui seront étudiés de façon plus approfondie dans nos quatre webinaires :

L’accueil des personnes exilées

En Méditerranée, les drames liés aux naufrages des embarcations des personnes exilées faute de voies légales et sûres de migrations se déroulent toujours en toute impunité. Seuls quelques bateaux d’ONG humanitaires sont encore présents en mer et effectuent des opérations de sauvetage. Des cas de refoulements vers des zones où la sécurité des exilé.e.s n’est pas assurée, contraires à la Convention de Genève, sont toujours effectués et dénoncés par les ONGs (ex Libye),

Début avril, l’Italie et Malte ont décrétés leurs ports “non sûrs” en raison de la crise sanitaire du COVID 19, cela rendant le débarquement des naufragé.e.s impossible. En Grèce, les autorités pour éviter la propagation du virus ont imposé la mise en quarantaine de certains camps de réfugié.e.s de la région d’Athènes et confiné de force les personnes résidantes dans des hotspots (Moria) situés sur les îles grecques. Or, la densité de la population dans les hotspots grecs et italiens (conséquences directes de l’inefficacité du règlement Dublin) rend la distanciation sociale recommandée inexécutable. Les mesures sanitaires de prévention et les soins curatifs sont totalement insuffisants. Face à cette bombe sanitaire, seuls quelques états européens (la Belgique n’en fait pas partie) s’engagent à relocaliser des personnes migrantes (principalement les mineurs non accompagnés) depuis les hotspots grecs. Plusieurs appels d’ONG, de médecins et d’autorités officielles (Commissaire aux droits de l’Homme du Conseil de l’Europe, eurodéputés) demandent l’évacuation de ces camps.

> Pourquoi la Belgique ne participe-t-elle pas au processus de relocalisation ? Quelle est la responsabilité juridique des institutions européennes et de ses membres face à la situation de fermeture des ports et l’absence de sauvetage en Méditerranée ? Que fait l’UNHCR face à l’impossibilité d’exercer le droit d’asile ?

L’accès à la protection internationale

En Belgique, suite à la fermeture des bureaux de l’OE (Office des étrangers) le 17 mars, les demandeur·euse·s d’asile, se sont retrouvé.e.s dans l’impossibilité de déposer une demande de protection internationale et d’être accueilli.e.s dans le réseau d’hébergement de FEDASIL. Ils et elles étaient à la rue sans aucune assistance étatique. Depuis le 3 avril, l’OE, FEDASIL et le CGRA ont repris partiellement leurs missions grâce à la mise en place de différents outils informatiques.

Dans les camps d’exilé·e·s aux frontières de l’Europe (dans les hotspots grecs et italiens, à Malte, à Chypre et en Espagne) et dans les pays dits du Sud (Turquie, Liban, Kenya, Bangladesh…) l’accès à l’éducation et à une alimentation saine et suffisante n’est plus assuré. Les procédures de demandes d’asile prennent encore plus de retard et la répartition de l’accueil et de la prise en charge des personnes exilées entre les différents Etats est lacunaire. En effet, suite à la fermeture des frontières, les voies légales et sûres de migrations sont bloquées comme le mécanisme international de réinstallation pour les réfugié·e·s, les visas humanitaires ou le regroupement familiale. Alors que l’UE se tait, l’ONU, via la voix du Haut Commissariat aux réfugiés, appelle les États à ne pas fermer les voies vers l’asile, mais à adopter des tests de dépistage et le placement en quarantaine des réfugié·e·s si un risque sanitaire est identifié lors du passage des frontières.

> En Belgique, le fonctionnement actuel de l’OE, FEDASIL et CGRA garanti-t’il un réel accès au droit d’asile ? Que dit le nouveau Guide de l’UE  (16/04/20) quant à l’accès à la protection internationale et à l’accueil dans l’UE en temps de COVID 19 ? Que propose le nouveau Plan d’urgence COVID 19 des Nations Unies dans un tel contexte ?

Les droits des personnes migrantes en situation irrégulière

La situation des personnes sans papiers est d’autant plus difficile en temps de pandémie de COVID 19. En effet, à l’heure où l’on demande de se confiner, il est quasi impossible de le faire si on est sans abris ou que l’on dispose d’un logement exigu et précaire. Comment, dans cette situation, respecter la distanciation sociale et les mesures sanitaires de prévention ? Comment vivre décemment sans protection sociale (mutuelle, chômage ou CPAS) et depuis peu sans revenus issus du système d’emploi informel ?

Le Portugal a opté pour la régularisation temporaire des sans papiers afin de leur permettre d’accéder au système de soins et de pouvoir se confiner. Le but étant d’empêcher la propagation du virus au sein de l’ensemble de la population résidant au Portugal. Régularisé.e.s, ces dernier.ère.s pourraient également renforcer les forces de travail (si ils et elles en ont les compétences et les diplômes requis ?) au sein des métiers dits essentiels en temps de crise sanitaire.

En Belgique, l’autorité fédérale, malgré ses pouvoirs spéciaux, se tait tandis que certaines communes (comme Forest) demandent la régularisation et que des Régions, comme Bruxelles, en collaboration avec des associations citoyennes, réquisitionnent des logements actuellement vides (hôtels, gites…) pour les héberger. Plusieurs collectifs d’associations et d’avocats demandent également la fin de la détention des personnes sans papiers en centres fermés se basant, en autres, sur l’impossibilité actuelle des retours forcés. Malgré le fait que les centres fermés en Belgique aient été vidés de moitié pour raisons sanitaires liées au COVID 19, les conditions des résident·e|s restent indécentes, en témoigne la situation à Merksplas.

> Pourquoi la Belgique ne veut-elle pas envisager la régularisation et la fin de la détention des personnes sans papiers comme mesure d’urgence sanitaire ? Quelles sont les expériences positives au sein d’autres états membres européens ? Quels sont le rôle et la position du PNUD (Programme des Nations Unies pour le développement) face à la demande de régularisation ?

Les droits des travailleurs et travailleuses migrantes

Certains Etats, comme l’Allemagne, sont désireux de rouvrir leurs frontières, d’autres comme la Belgique d’ouvrir le marché du travail aux demandeurs d’asile ayant un procédure en cours, afin de faire face à la pénurie de mains d’œuvre dans différents secteurs essentiels tels que la santé, l’agriculture, le « care ». Mais dans quelles conditions  (sociales, économiques)) et avec quelles précautions sanitaires en temps de pandémie ? La diminution de la mobilité des travailleurs et travailleuses étranger.ères en Europe a mis en évidence la dépendance de l’économie européenne à cette main-d’œuvre. Leur absence impacte donc l’économie européenne, mais elle impacte également les revenus des populations des pays du Sud, sachant que les travailleur·euse·s migrant.e.s envoient une bonne partie de leur revenus à leur famille résidant dans leur pays d’origine (remittances).

> Quels sont les secteurs dépendants de la main d’œuvre et des expertises étrangères en Belgique ? Quelles voies légales et sûres de migrations et quelles conditions de travail pour les travailleurs et travailleuses étranger.ère.s en UE ? Que dit et fait l’OIT ? Quid de la mise en œuvre du Pacte Global des migrations ?

Les webinaires

Pour connaître le contenu précis et les invité·e·s de chaque webinaire, ainsi que le lien d’inscription (obligatoire), cliquez sur le webinaire de votre choix.




En pratique

Lors des webinaires d’une durée d’1h45, plusieurs intervenant·e·s issu·e·s de la société civile (ONG, syndicats, collectifs…) et d’organismes officiels (HCR, OIM, PNUD…) partageront leur analyse et leurs recommandations.

Un moment d’interaction (Q-R) avec les participant·e·s clôturera chaque webinaire.

Les orateurs·trices s’exprimeront pour la plupart en anglais.

Le public visé regroupe les associations et les citoyenn·ne·s déjà sensibilisés par ces thématiques.

Pour participer  Inscrivez-vous en ligne via les fournis sur lestage présentant chaque webinaire. Vous recevrez ensuite votre mot de passe et un lien d’accès, indispensables, pour participer.

En vidéo

COVID-19 at the borders of Europe (Webinar)

CNCD-11.11.11, 11.11.11
https://youtu.be/n6PvSXftKIg

WEBINAIRE Le COVID-19 et les droits des personnes migrantes en situation irrégulière

CNCD-11.11.11
https://youtu.be/wUBnXr9PByY

Webinar. COVID-19 : Protecting refugees

CNCD-11.11.11, 11.11.11
https://youtu.be/2jpVq4LfGfA