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Au-delà des négociations gouvernementales, l’avenir de l’humanité

A l’heure où les pourparlers pour la formation du gouvernement wallon s’éternisent, des associations environnementales rappellent qu’il y a urgence pour le climat.

Ce mercredi s’entame une nouvelle étape en vue de la formation d’un gouvernement en Wallonie. La même semaine, ce vendredi, se clôturera l’enquête publique relative au Plan national énergie-climat, qui doit constituer la feuille de route des prochains gouvernements pour mettre notre pays sur les rails d’une transition bas carbone et dont les premières ébauches ont été vivement critiquées. Hasard du calendrier ou symbole de la nécessaire réorientation de nos politiques, la période qui s’ouvre sera en tout cas cruciale pour l’avenir de la planète et des humains qui la peuplent.

Car, faut-il le rappeler, l’urgence ne pourrait être plus vive ! Extinction fulgurante des espèces, dérèglements climatiques bientôt irréversibles, surexploitation des ressources naturelles, pollutions et toxicités diverses engendrent des risques majeurs pour la santé des êtres humains, du vivant et pour l’équilibre des écosystèmes. Les défis sont colossaux. Bien plus que des pollutions spécifiques pouvant être traitées individuellement et techniquement, ils exigent une transformation majeure de la société vers un modèle soutenable.

Projet mobilisateur

Cette transformation ne pourra se réaliser que si l’ensemble de la société se mobilise dans cette direction. Quel projet plus mobilisateur, en effet, que celui d’assurer le maintien d’une prospérité pour toutes et tous en réduisant drastiquement les risques environnementaux et sanitaires et en anticipant la nécessaire adaptation de notre économie ? Quel magnifique défi pour nos entreprises, nos écoles, nos industries, nos agriculteurs, nos concitoyens, nos associations !

A cet égard, la note qui a été soumise aux parlementaires wallons par le PS et Ecolo, si elle est bien entendu perfectible, a le mérite de poser les bases d’un changement structurel et cohérent en matière environnementale, tout en intégrant la dimension sociale : action environnementale transversale, inspection « climat et développement durable », ambition affichée (-95 % d’émissions de GES d’ici 2050, dont -55 % avant 2030 ; 100 % d’énergies renouvelables en 2050), élimination des subsides aux énergies fossiles d’ici 2025, programme d’isolation et de rénovation massive des bâtiments, inscription des pôles de compétitivité dans la transition, investissements de 20€/an/hab en faveur du vélo, stop aux nouvelles infrastructures routières, développement d’une stratégie ambitieuse en matière de biodiversité, programmation de la sortie des pesticides chimiques agricoles… Certains éléments, par contre, manquent à l’appel, au premier rang desquels l’instauration d’une contribution carbone socialement juste qui permettrait d’accompagner la transition des ménages, en particulier les plus précaires, tout en maintenant la compétitivité des entreprises. Car, bien sûr, ces quelques idées clés devront s’incarner dans des mesures opérationnelles et financées.

Proposition et critique constructive

La société civile, dont nos organisations représentent une partie du dynamisme, a apprécié le fait d’être associée à la rédaction de ces propositions. Son rôle reste d’être, non dans un gouvernement, mais à côté, dans une double posture de proposition et de critique constructive. Nous espérons que cette approche perdurera dans la suite des travaux des futurs partenaires, quels qu’ils soient.

Nous formulons le vœu, également, que ceux-ci arborent une attitude responsable, pour bonifier l’ébauche, et non détricoter ce qui a été soumis à 133 acteurs de tout bord, tous experts de leur domaine. Car nous n’avons plus le temps, et parce que la démocratie vaut mieux que cela. Il est évident que dans une négociation gouvernementale, chaque partenaire doit avoir la latitude d’imposer sa marque au projet commun, mais si l’on peut discuter des moyens, le cap, lui, ne se discute plus : il est défini par les limites de notre planète.

Ces derniers mois, nous avons été des centaines de milliers dans la rue, à réclamer un changement de cap radical pour préserver notre avenir et celui de nos enfants. Tous les partis se sont engagés à faire de la transition environnementale un pilier de leur action politique. Aujourd’hui, l’heure n’est plus aux déclarations mais aux actes. L’heure n’est plus aux postures partisanes mais à la recherche de solutions. L’heure est aux négociations et surtout aux accords, de manière à définir un chemin pour assurer à notre région une transition vers la société de demain. Un chemin ambitieux, juste, cohérent et responsable.

Source : carte blanche publiée dans Le Soir le 10 juillet 2019.

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