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Opération 11.11.11

Sénégal : Il faut sauver la mangrove

Stéphanie Triest Stéphanie Triest
30 octobre 2018

Dans le delta du Sine Saloum, au Sud-Ouest du Sénégal, la mangrove recule. C’est une conséquence des changements climatiques : le niveau de la mer monte et les pluies se font plus rares, donc les réserves d’eau douce, non salée, diminuent. Or, les pieds de palétuviers en ont besoin pour grandir. C’est aussi une conséquence de l’activité humaine, les femmes coupent du bois pour cuisiner.

La mangrove constitue pourtant un maillon essentiel de l’écosystème local : c’est au pied de la mangrove que les poissons viennent se reproduire, etc. La détérioration des ressources met donc en péril la survie économique des populations de pêcheurs locaux.

C’est pourquoi Enda Graf Shael, partenaire de l’asbl belge, le Monde selon les Femmes, intervient auprès des groupements de femmes de la région de Filema pour les inciter à protéger la mangrove et pour les renforcer économiquement (amélioration des techniques de transformation des produits de la mer, séchage du poisson etc.). Au total, Enda Graf Sahel travaille avec 300 femmes dans cette zone du Sénégal. Depuis une dizaine d’années, par exemple, les femmes du village de Ndangane Sambou replantent les pieds de palétuviers. Elles ont reboisé pas moins de 100 hectares sur les îles avoisinant le village. Enda Graf Sahel leur apporte un soutien technique et pratique (achat des boutures, etc.).

Sénégal : Il faut sauver la mangrove

Stéphanie Triest, CNCD-11.11.11
https://youtu.be/fmo2CWRuuI4

Compte tenu de l’ampleur de l’enjeu, d’autres organisations sont également actives dans le delta pour protéger et reboiser la mangrove. C’est le cas de l’Association pour la protection des initiatives locales, l’APIL, active dans plusieurs pays dont le Sénégal. L’APIL intervient aussi dans les villages de pêcheurs pour les inciter à protéger leurs ressources et, pour ce faire, à diversifier leurs revenus, en améliorant par exemple les techniques de conservation des produits de la mer (bocaux de coquillages etc.).

En mars 2018, l’APIL menait une visite dans l’aire marine protégée de Gandoul avec les représentants d’ONG du Bénin, du Togo, de Madagascar confrontées au même défi et réunies dans le programme « 5 Deltas ». Ce sont des organisations soutenues pour la plupart par des ONG belges liées aux universités : Eclosio (ex Aide au Développement Gembloux), Louvain Coopération, ULB Coopération… Ces ONG unissent leurs forces dans le programme « Uni4Coop », en mettant en commun leurs recherches et les bonnes pratiques. A Gandoul, la délégation a visité une zone fermée à la pêche et un parc ostréicole. Les huitres se développent sur des structures en bois, ce qui permet de les récolter sans devoir couper les pieds de palétuviers, où elles grandissent naturellement, sans l’intervention de la main de l’homme.

  (Crédit : © Véronique Paternostre, CNCD-11.11.11 )

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