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Les objectifs du millénaire : un bilan critique 10 ans après leur adoption

Arnaud Zacharie Arnaud Zacharie 17 septembre 2010

Les objectifs du millénaire : un bilan critique 10 ans après leur adoption. Une étude d’Arnaud Zacharie à télécharger dans son intégralité en bas de page.

Les objectifs du millénaire : un bilan critique 10 ans après leur adoption

Du 20 au 22 septembre 2010, les Nations unies évaluent à New-York l’état d’avancement des objectifs du millénaire pour le développement (OMD) adoptés dix ans plus tôt. Ces objectifs, censés être atteints en 2015, portent sur les principaux enjeux sociaux du développement. Toutefois, malgré certains progrès, la plupart des objectifs ne seront pas atteints et seule la cible concernant la réduction de moitié de l’extrême pauvreté dans le monde est susceptible d’être atteinte en 2015. Et encore cela n’est-il rendu possible que suite aux résultats enregistrés par la seule Chine, sans quoi le nombre de pauvres aurait continué à augmenter de 36 millions entre 1990 et 2005. Le taux de scolarisation primaire a également augmenté, mais au détriment de la qualité de l’enseignement. A l’opposé, les résultats en termes de santé maternelle, d’alimentation et d’assainissement ont été très décevants, tandis que l’impact de la crise financière a aggravé la situation en plongeant 64 millions de personnes supplémentaires dans l’extrême pauvreté en 2010.

Si les objectifs du millénaire ne seront pas atteints, c’est notamment parce que les pays industrialisés n’ont pas tenu leurs engagements en termes de financement du développement compilés dans le huitième objectif du millénaire qui vise à mettre en place un partenariat mondial pour le développement. Malgré une augmentation de l’aide publique au développement au cours des années 2000, elle plafonne à 0,32% du PNB des pays donateurs, loin de l’objectif de 0,7% en 2015. Les allégements de dette octroyés à une trentaine de pays pauvres et très endettés a permis à ces pays d’améliorer leurs indicateurs macroéconomiques et d’augmenter leurs dépenses sociales, mais l’impact de la crise financière a détérioré la situation financière de la plupart de ces pays. Enfin, aucune avancée commerciale n’a été enregistrée en termes d’accès au marché et de traitement spécial et différencié pour les pays pauvres, du fait du blocage des négociations à l’OMC et de la prolifération d’accords commerciaux bilatéraux Nord-Sud par lesquels les pays industrialisés tentent de libéraliser des secteurs que les pays en développement refuse

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