×

Le rejet de l’autre et le repli sur soi ne sont pas une fatalité

Cécile Vanderstappen Cécile Vanderstappen 18 novembre 2019

A l’heure où les partis d’extrême droite et leurs sympathisants, en Belgique et en Europe, inondent de façon insidieuse et à visage découvert les réseaux sociaux et les institutions démocratiques de leur discours et actes xénophobes, des hommes et des femmes se mobilisent à contre-courant. Leur pensée est toute autre. A travers leurs discours et leurs actions, ces citoyens et/ou personnalités politiques, construisent des ponts et détruisent des murs. Au jour le jour, ils et elles luttent pour une société cosmopolite, accueillante et égalitaire. Leurs initiatives sont hélas méconnues. Elles doivent urgemment être plus valorisées afin qu’elles aussi composent et influencent de façon bienveillante le discours ambiant sur notre rapport à l’autre. Cette autre narration sur les migrations est un véritable levier de changements social. L’appareil dominant le sait fort bien et tente pour cela d’occuper l’entièreté du terrain, seul.

Prenons ces deux dernières semaines. Il y a eu l’incendie criminel du futur centre pour demandeurs d’asile à Bilzen et la campagne xénophobe du Vlaams Belang. Ces deux événements rapprochés l’un de l’autre dans le calendrier sont plus qu’angoissants, mais d’autre part, il y a eu, la même semaine, le 7 novembre, la décision du gouvernement bruxellois de prendre des mesures importantes pour l’accueil des personnes migrantes sur son territoire. Il a en effet décidé de dégager un financement à hauteur d’environ un million d’euros en 2019 et de près de quatre millions en 2020, afin que la porte d’Ulysse mais aussi le Hub Humanitaire puissent poursuivre leurs activités. Bien sûr, le gouvernement fédéral devrait suivre et prendre des mesures structurelles sur ce dossier, mais faute de plein exercice, l’action locale et citoyenne a pris, elle, ses responsabilités.

Une semaine plus tard, le mercredi 13 novembre, c’est au tour du Parlement fédéral de voter en faveur d’une résolution demandant à la Belgique de rejoindre un mécanisme solidaire de débarquement et d’accueil des personnes migrantes (Accord de Malte) en lieux sûrs. Le mécanisme est imparfait, mais le message adressé au gouvernement est clair. Il doit opter pour la solidarité, l’accueil et le respect du droit d’asile.

Chaque jour des citoyens et citoyennes dans les provinces de Namur, du Luxembourg, à Bruxelles mais aussi en Flandres s’organisent, bénévolement, avec les moyens du bord, pour tenter d’offrir un accueil digne aux personnes migrantes qui sont pour un temps plus ou moins long leur voisins et voisines. De l’hébergement (lit, repas, habits, médicaments, soutient moral, etc.) passant par l’aide juridique et l’interpellation politique à la chaleur humaine, ils et elles dessinent aussi le visage de la société belge.

Alors non, le rejet de l’autre et le repli sur soi ne sont pas une fatalité. Cette vague nauséabonde de national-populisme ne réussira pas à engluer toutes les initiatives et pensées solidaires et cosmopolites dans un béton d’inertie et de découragement. A nous tous et toutes de les soutenir à notre façon afin qu’elles occupent dans notre société la place qu’elles méritent.

Tags: Migrations

Inscrivez-vous à notre Newsletter