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Cambodge

L’agriculture, une histoire de femmes. Rencontre avec Chey Han

17 décembre 2015

À 58 ans, Chey Han est une agricultrice chevronnée. Mère de 6 enfants dont 3 filles, cela fait 43 ans qu’elle travaille dans la production du riz, dans la province de Takeo, à environ 70 km de Phnom Penh.

Agricultrice mais pas seulement...

Outre ses activités rizicoles, Chey Han est membre du conseil d’administration de la coopérative Trapaing Sror Nger, où elle a été élue en 2011. Ce rôle de meneuse au sein de la coopérative est une source de fierté et de motivation pour Chey Han. « Je pense avoir une bonne expérience et connaissance et je suis confiante dans le fait que je peux aider la coopérative et rendre les conditions de vie des autres membres meilleures. » Par ailleurs, elle est à la tête d’une épargne collective créée en 2004. Cette épargne collective propose des petits crédits avec des taux d’intérêts bas à ses 24 membres qui ont des difficultés d’accès aux institutions de micro­crédits.

Produire soi-­même et vendre des semences de riz

Le riz constitue un élément central de l’alimentation et de la culture paysanne khmer. Comme bien d’autres agriculteurs, Chey Han possède 1,5 ha de terrain et produit 3.500 kg de riz par an. Cette quantité suffit juste à subvenir à sa propre consommation et celle de sa famille. Grâce au projet AFSA de l’ONG ADG, soutenu par l’Opération 11.11.11, elle a appris les techniques de multiplication de riz. Elle s’est alors lancée dans la multiplication des semences de riz, la variété Phkar Rumdoul, sur une surface de 0,10 hectare. En appliquant ces techniques, le rendement de la production de semences est devenu nettement plus élevé qu’avant. Sur cette surface de 1.000 m2, elle a obtenu 384 kg de riz, ce qui représente 93 kg de plus que si elle avait utilisé ses précédentes techniques. Sa production de riz s’en trouve davantage valorisée, ce qui lui permet de vendre ses semences au prix de 0,45 US$/kg au lieu de 0,2 US$/kg pour du riz normal (paddy).

Réunion à la coopérative Trapaing Sror Nger  (Crédit : © ADG )

Courageuse et organisée, Chey Han gère presque toute la chaine de production du riz : elle prépare le plan de production, collecte l’engrais naturel, transplante le riz, le récolte et prend en charge la commercialisation sur les marchés. Selon elle, les hommes doivent s’employer au travail difficile tel que labourer ou porter les choses lourdes et les femmes doivent être davantage impliquées dans l’organisation des activités agricoles afin d’obtenir de meilleures rendements.

Source : article repris de la revue Cultivons d’ADG.

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