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L’agenda post-2015 : l’après Objectifs du Millénaire pour le Développement

Véronique Rigot Véronique Rigot
13 février 2015

Les Objectifs du Millénaire pour le Développement arrivent à échéance cette année. Les Nations Unies préparent activement le futur cadre international pour le développement durable. Un accord qui nous touchera tous dans notre quotidien !

Nous connaissions les Objectifs du Millénaire pour le Développement, érigés au nombre de 8 en l’an 2000 pour marquer l’engagement de la Communauté internationale à s’attaquer à l’extrême pauvreté et au sous-développement. Quinze ans plus tard, le bilan de l’atteinte des objectifs est plus que mitigé, et de nouveaux objectifs (des Objectifs de Développement durable) sont en préparation pour les prolonger, mais surtout pour remédier à leurs lacunes.

Bien qu’il ne faille pas trop en attendre, ce nouvel accord international pourrait se révéler innovant à plusieurs égards. Deux changements en perspective : on ne parle plus uniquement de développement mais de développement durable. Et ces objectifs ne concerneront plus uniquement les pays en développement, mais l’ensemble des pays de la planète. Une petite révolution en soi !

Des objectifs de durabilité

Instaurer un cadre international pour le développement durable est l’opportunité de concrétiser le changement de paradigme tant attendu. Au-delà des préoccupations de développement économique et social, l’idée de respect des limites de la planète vient s’ajouter aux défis, et avec cette idée, c’est la transition socio-écologique qui est en marche.

De nombreux efforts ont été fournis pour la réalisation des Objectifs du Millénaire, mais le bilan est cependant décevant : la grande majorité des cibles n’a pas été atteinte. Par la décision d’adopter des Objectifs de Développement durable, nos chefs d’Etat et de gouvernement vont s’engager à faire plus et mieux qu’en l’an 2000. Pour ce faire, ils devront s’attaquer aux causes des crises globales afin de réduire les inégalités, entre les pays et à l’intérieur de chacun d’entre eux.

Des objectifs universels

L’agenda post-2015 est donc l’opportunité de concrétiser un modèle de société où les trois dimensions sont intégrées, dans une conception forte du développement durable où l’économie est au service d’objectifs sociaux dans le respect des limites de la planète. Ce cadre international de développement durable se veut universel, ce qui signifie que l’ensemble des pays de la planète sera redevable quant aux objectifs mis en place. Pour la première fois, les modes de vie et de fonctionnement de l’ensemble des pays feront l’objet d’une analyse, sur base des cibles et objectifs définis. Un chantier titanesque, mais absolument nécessaire pour cesser de compromettre l’avenir des générations futures et assurer à tous, dès maintenant, des conditions de vie dignes de ce nom.

Dernière ligne droite avant les négociations finales !

Le processus de préparation du nouveau cadre international pour le développement entame sa dernière ligne droite ! Né lors du Sommet Rio+20 en juin 2012 [1], le processus doit aboutir à la conclusion d’un accord international en septembre prochain à New York.

Concrètement, l’été dernier, deux rapports importants ont été publiés : l’un proposant 17 nouveaux objectifs de développement durable, l’autre proposant des pistes de financement innovant.
Ces deux rapports ont été complétés par le rapport de synthèse du Secrétaire général des Nations Unies Ban Ki Moon publié début décembre et intitulé « La dignité pour tous d’ici 2030 ».
Fin décembre, enfin, le timing des négociations a été précisé : une semaine de discussion intergouvernementale est prévue chaque mois d’ici fin juillet. Un premier jet de la déclaration finale sera en principe publié fin mai, et les sessions de juin et de juillet seront de véritables négociations intergouvernementales pour finaliser ce texte.

Une Coalition belge post-2015

Face à l’ampleur des enjeux couverts par ce nouvel agenda du développement durable, les organisations de la société civile se sont coalisées pour porter ensemble un plaidoyer commun au niveau belge [2], en résonance du plaidoyer européen et international porté par le réseau BEYOND 2015. Une première analyse commune au niveau belge a été réalisée début janvier, en réaction au rapport de synthèse de Ban Ki Moon (lien vers la position de la Coalition). D’autres suivront et plusieurs d’entre nous suivront activement les négociations finales. Pour un accord révolutionnaire ? Peut-être pas, mais pour un accord innovant à bien des égards, et qui nous touchera tous dans notre quotidien, certainement !

[1Pour un rappel des enjeux : voir www.cncd.be/2015-sera-une-annee-cruciale-pour

[2La Coalition belge post-2015 est coordonnée par le CNCD-11.11.11 et 11.11.11 et est composée de représentants d’ONG de développement, ONG environnementales, syndicats, conseils de la jeunesse, représentants des conseils des femmes.

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