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L’Europe doit changer de paradigme sur les questions migratoires

Le Conseil européen a passé en revue ces jeudi et vendredi les dernières évolutions de la question migratoire. Grandes absentes des discussions : les voies sûres et légales de migration, alors que les tragédies sur les routes migratoires se multiplient. L’UE doit changer de paradigme d’urgence.

Ces 22 et 23 juin, se sont réunis, à Bruxelles, les chefs d’Etat membres du Conseil européen, pour faire le point, notamment, sur les politiques migratoires de l’UE. Avec un focus sur les mesures prises contre la migration « irrégulière » et ses « causes profondes », ainsi que la réforme du système d’accueil européen des demandeurs d’asile arrivés notamment par les routes d’Europe centrale (Libye-Italie) et orientale (Turquie-Grèce).

Les attentes du président du Conseil, Donald Tusk, vis à vis des états membres étaient limpides : plus de participation financière, de tous, en vue d’intensifier les contrôles permettant d’endiguer les départs des côtes libyennes et instrumentalisation de l’APD (Aide publique au développement) pour assigner à résidence les migrants « économiques » indésirables.

Cette politique ne prend pas la mesure des drames qui se jouent quotidiennement sur les routes migratoires. Les rapports dénonçant l’atrocité des conditions de vie et de détention des migrants en Libye se multiplient. Le nombre de décès sur les routes migratoires de personnes migrantes ne cesse d’augmenter (environ 1.900 personnes ont déjà perdu la vie en mer depuis 2017).

« Il faut changer urgemment et radicalement de paradigme sur la question migratoire. Les grands absents, à l’ordre du jour du Conseil, restent, une fois de plus, la mise en œuvre de mesures concrètes pour plus de voies légales et sûres de migrations et le développement durable. Elles font parties des solutions pour faire stopper les violences et décès aux frontières ainsi que la permanence des inégalités internationales entrainant des migrations non désirées. La mobilité et le développement durable sont les premiers remparts contre la violation des droits fondamentaux », affirme Cécile Vanderstappen, chargée de recherche au CNCD-11.11.11.

Ces revendications ont été transmises en amont du sommet européen aux cabinets du Premier ministre Charles Michel, du ministre des Affaires étrangères Didier Reynders, du ministre de la Coopération au développement, Alexander De Croo, ainsi que du Secrétaire d’Etat à l’Asile Theo Franken. Une position des réseaux associatifs européens (voir ci-dessous) allant dans le même sens a été également envoyée aux décideurs politiques des institutions européennes.

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