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Honduras : un nouvel assassinat précipite le retrait de fonds d’investissements européens

Stephane Compère Stephane Compère 17 mars 2016

Ce mardi 15 mars, Nelson Garcia a été assassiné. Nelson était membre actif du Conseil civique des organisations populaires et indigènes (COPINH), la même organisation que Berta Caceres également assassinée le 3 mars dernier. Nelson Garcia était présent sur le lieu d’une expulsion de 150 familles dans le département de Cortes quelques heures avant sa mort.

Si la Police nationale a directement réagit en affirmant qu’il n’y avait pas de lien entre ces expulsions et la mort de Nelson Garcia, rappelons néanmoins que Moisés Durón Sánchez, du COPINH, a également été exécuté en mai 2015 et que le Honduras est un des pays les plus dangereux au monde pour les défenseurs de l’environnement, selon l’ONG Global Witness qui y dénombre 109 assassinats de personnes s’opposant aux barrages, mégaprojets miniers ou agricoles, entre 2012 et 2015.

Suite aux nombreuses mobilisations au Honduras et dans le monde qu’ont provoqué la disparition de ces leaders sociaux, deux fonds d’investissements européens, Finnfund (Finlande) et FMO (Pays-Bas), ont décidé de suspendre leurs activités au Honduras et donc leurs financements au projet de barrage hydroélectrique Agua Zarca, auquel s’opposaient la COPINH et les communautés Lemca affectées par ce projet. Il reste au troisième investisseur dans le projet, la Banque centroaméricaine d’intégration économique (BCIE), à faire de même. C’est un (petit) pas en avant afin de permettre de faire plus de clarté sur tous les investissements que ces fonds, et les autres, ont au Honduras. Cela doit pousser les autorités européennes à réguler les activités et investissements des entreprises européennes en Amérique centrale et dans le monde afin qu’elles respectent les droits humains et spécifiquement ceux des personnes affectées, notamment les populations indigènes.

Une lettre ouverte à la Commission européenne


En réaction à la disparition de Berta Caceres, une lettre ouverte signée par plus de 120 organisations de défense des droits humains, de coopération, de comités de solidarités, dont le CNCD-11.11.11, a été adressé à la haute représentante de l’UE pour les Affaires étrangères et la politique de sécurité, Mme Mogherini et à la Commissaire européenne au Commerce, Mme Malmström, reprenant l’ensemble des demandes et recommandations concernant ces tragiques évènements.

Justice pour Berta Cáceres


D’autre part, à la demande du COPINH, du Réseau national des défenseurs des droits humains du Honduras et d’autres organisations, une Mission internationale « Justice pour Berta Cáceres » est partie pour le Honduras ce 16 mars. Dans un communiqué de presse, la Mission, composée de représentants de réseaux sociaux européens et latino-américains exprime qu’elle « s’est constitué pour soutenir le peuple du Honduras et demander que toute la lumière soit faite sur l’assassinat de la dirigeante indigène Berta Cáceres, survenu le 3 mars. La présence de la Mission coïncidera avec l’organisation de nombreuses mobilisations de la société civile du Honduras (…) et en solidarité avec Gustavo Castro, blessé lors de l’attaque contre Berta et retenu depuis par les autorités honduriennes ».

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