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Financement climat : un mois pour joindre le geste à la parole

Rebecca Thissen Rebecca Thissen 25 septembre 2019

Les ONG demandent une augmentation significative de la contribution belge au Fonds Verts pour le Climat : au moins 160 millions d’€ sont nécessaires d’ici la fin de l’année.

Le Premier ministre Charles Michel a pris la parole au Sommet sur l’action climatique, à New York. Contrairement à plusieurs pays qui se sont engagés concrètement en faveur du Fonds Vert pour le Climat, notre Premier ministre a choisi de maintenir un certain flou : tout en confirmant l’importance du Fonds, il n’a donné aucun engagement chiffré clair et a renvoyé la balle au Parlement, chargé d’approuver le doublement des contributions belges. L’occasion pour concrétiser cette annonce se présente les 24 et 25 octobre prochains, lors de la session de refinancement du Fonds. Il reste donc un mois pour que la Belgique concrétise cet engagement.

Prendre la parole au Sommet sur le climat n’était possible que pour les pays qui prévoyaient d’annoncer un rehaussement de leurs ambitions climatiques. Tous les regards étaient donc tournés vers la Belgique. Comme prévu, notre pays n’a pas annoncé un rehaussement de ses objectifs climatiques ni de plans concrets de mise en œuvre. Le Premier ministre a cependant confirmé l’importance du financement climat international pour les pays en développement. Il a ainsi annoncé une contribution supplémentaire de 15 millions d’€ au Fonds pour les Pays les Moins Avancés (PMA). Ce fonds se concentre sur les besoins les plus importants des pays les plus vulnérables. Il est donc important que la Belgique continue à le soutenir.

La question centrale était de savoir ce que la Belgique dirait au sujet du Fonds Vert pour le Climat (FVC). Ce fonds a été créé en 2009 pour devenir le fonds climatique multilatéral le plus important pour les pays en développement. Un processus officiel est en cours pour en réalimenter les ressources, grâce aux contributions renouvelées des pays donateurs. De nombreux pays ont déjà fait des annonces concrètes, comme l’Allemagne, la Norvège, la France et l’Angleterre qui ont promis un doublement de leurs contributions.

Le Premier ministre Charles Michel est quant à lui resté plutôt vague. Il a confirmé l’importance du Fonds et a ajouté qu’il voulait que la Belgique devienne un des principaux contributeurs européens. Il a ensuite parlé d’un doublement des efforts, qui devrait d’abord passer par le Parlement. Pour le CNCD-11.11.11, tout comme la Coalition Climat, la contribution belge au FVC devrait être au minimum doublée, à savoir atteindre au moins 160 millions d’€. Bien qu’il n’ait pas lui-même mentionné ce chiffre, l’entourage du Premier ministre a confirmé dans les médias que son annonce répondait à la demande de la société civile. Il est toutefois regrettable que la question n’ait pas été posée au Parlement en amont du sommet, pour arriver avec une annonce concrète à New York. Il est pourtant urgent de prendre des décisions concrètes.

C’est pourquoi le CNCD-11.11.11 demande au Premier ministre et aux différents parlements belges de prendre les mesures pour qu’un véritable engagement belge puisse être annoncé fin octobre, lors de la session de refinancement du Fonds qui se tiendra à Paris. Un doublement des contributions respectives du gouvernement fédéral et des régions signifie au moins 120 millions d’euros pour le gouvernement fédéral, 17,5 millions d’€ pour la Flandre, 19,5 millions d’€ pour la Wallonie et 6,5 millions d’€ pour Bruxelles [1]. Chaque entité doit prendre ses responsabilités et participer proportionnellement à ses moyens. La Belgique a un mois pour joindre le geste à la parole et s’engager concrètement pour la justice climatique.

La Belgique n’a toujours pas donné de réponse suffisante aux mobilisations de masse de ces derniers mois. C’est pourquoi la Coalition Climat a lancé un décompte de 100 jours aux élus belges pour répondre à la crise climatique [2]. Contribuer de manière suffisante et juste au financement climat international fait partie des priorités. En effet, les pays en développement subissent d’ores et déjà les dérèglements climatiques de plein fouet, alors qu’ils en sont les moins responsables.

Tags: Climat

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