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Face a la catastrophe climatique, soutenez la transition agro-ecologique au Burundi

La production agricole chute. Il faut soutenir de nouvelles pratiques.

10 août 2020

Sur les collines du Burundi, la transition vers l’agro-écologie n’a rien d’un luxe. Les effets déjà très visibles du changement climatique, combinés à la perte de fertilité des sols et à l’augmentation de la population, menacent gravement la sécurité alimentaire. Il est urgent de soutenir les nouvelles pratiques agricoles, plus productives et plus durables. C’est pourquoi le CNCD-11.11.11 soutient directement le Forum des Organisations des Producteurs Agricoles (FOPABU), qui en a fait sa priorité sur tout le territoire du pays.

Le secteur agricole est l’épine dorsale de l’économie du Burundi, puisqu’il occupe plus de 80% de la population. Il fournit le gros des devises sur lesquelles le pays peut compter. Mais bien qu’il soit vital, le secteur agricole est en mauvaise posture. La production diminue d’année en année. Sur 25 ans, la production annuelle brute a diminué de 26%, alors que la population a augmenté de 45%.

Sur 25 ans, la production annuelle brute a diminué de 26%, alors que la population a augmenté de 45%

Cette pression démographique aggrave le problème, puisqu’elle entraîne un morcellement des terres et une surexploitation des sols, qui ne connaissent guère de répit. Pour y remédier, les agriculteurs recourent abusivement aux engrais chimiques, qui acidifient les sols et nuisent davantage encore à la fertilité. A ceci s’ajoutent les changements climatiques, qui ont fortement modifié la pluviométrie. Des périodes de sécheresses alternent avec des chutes de pluies irrégulières et souvent violentes. Des torrents dévalent les collines, balayant l’humus et les semailles.

Une agricultrice burundaise dans un champs près de Ngozi dans le nord du Burundi  (Crédit : © Phil Moore / AFP / Belga Image 2015 )

Le Burundi n’a malheureusement aucune emprise sur le changement climatique global, qui nécessite une action mondiale pour faire baisser les émissions de CO2. Mais il est possible d’agir localement pour augmenter la fertilité des sols et faire face aux effets du changement climatique. L’agro-écologie offre des solutions qui améliorent la vie des communautés.

Dans les communautés où ces pratiques ont été encouragées, la production agricole est démultipliée.

Avec le soutien de bailleurs de fonds internationaux, le Burundi, comme d’autres pays d’Afrique centrale, s’est engagé dans un vaste projet visant à rénover les pratiques agricoles. Au centre de ces efforts, la lutte contre l’érosion des sols, particulièrement forte au Burundi, mais aussi la production d’engrais organiques et la protection de la biodiversité. Dans les communautés où ces pratiques ont été encouragées, la production agricole est démultipliée.

L’Opération 11.11.11 soutient cet effort en finançant le Forum des Organisations des Producteurs Agricoles (FOPABU), qui fédère 14 organisations de producteurs à travers plusieurs filières (café, coton, thé, riz, etc. mais aussi élevage et pêche).

Burundi. Champ de production de thé.  (Crédit : CC Josiane Droeghag 2011 )

En tant que coupole de la solidarité internationale en Belgique francophone, le CNCD-11.11.11 soutient en effet ses organisations sœurs dans plusieurs pays du Sud. Ce soutien direct à un large réseau d’organisations de la société civile permet d’agir concrètement au niveau de la généralisation des pratiques agricoles, mais aussi au niveau politique, à travers le plaidoyer en faveur de l’agro-écologie et de la souveraineté alimentaire Souveraineté alimentaire .

Il est urgent de soutenir les nouvelles pratiques agricoles, plus productives et plus durables

Le FOPABU œuvre à diffuser les pratiques agro-écologiques auprès de ses membres à travers des formations, des rapports et des statistiques. Grâce à son ampleur, il permet de toucher un grand nombre de familles d’agriculteurs. Il gère aussi un groupe de plaidoyer, qui porte les revendications de celles-ci au cœur du débat politique.

Pour œuvrer à un monde juste et durable, une société civile organisée est nécessaire. A côté des initiatives locales, le travail d’un réseau comme le FOPABU est indispensable pour atteindre une masse critique et provoquer des changements d’échelle. En soutenant de telles plateformes dans les pays du Sud, le CNCD-11.11.11 vise à encourager les changements systémiques et durables.

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