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Enfin des droits pour les travailleuses domestiques au Pérou !

Le travail pour les droits porte ses fruits !

30 novembre 2020

Le Pérou est le pays en développement où le Covid-19 a été le plus meurtrier par rapport à sa population. Cette crise sanitaire et sociale s’est accompagnée d’une grave crise politique. Dans ce contexte instable, l’Opération 11.11.11 soutient une série de partenariats, dont celui de WSM en faveur des droits des travailleuses et travailleurs domestiques.

Au Pérou, on compte environ 60.000 personnes exerçant le travail domestique, pour l’immense majorité des femmes. Pour la plupart, elles ont migré des zones rurales du pays à la recherche de rentrées financières que leurs familles, très précarisées, ne peuvent apporter. Mais derrière les quatre murs d’une maison, elles sont trop souvent la proie de comportements discriminants et violents.

Avec le soutien de l’Opération 11.11.11 Opération 11.11.11 et de WSM, les travailleuses domestiques péruviennes viennent d’obtenir la garantie légale de meilleures conditions de vie. Le combat pour le droit des travailleuses domestiques ne date pas d’hier. Depuis de nombreuses années, ces femmes peuvent bénéficier des « écoles du soir », portées par la JOC Pérou, la branche locale de WSM. Ces écoles leur permettent de terminer leurs études secondaires, voire d’envisager parfois des études supérieures ou des projets professionnels alternatifs. Elles sont surtout des lieux de rencontres et de convivialité où s’est forgé leur militantisme.

Ainsi, les premiers syndicats du pays visant à défendre les droits des travailleuses domestiques ont émergé de ces lieux d’engagement. Les femmes se sont prises en main, en organisant des festivals et autres rencontres publiques pour sensibiliser sur leurs conditions. Peu à peu, leur message a été relayé dans le monde politique.

Il reste de nombreux défis à relever pour faire progresser les droits des travailleuses domestiques dans un pays durement touché par le coronavirus Covid-19
Coronavirus
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Ce plaidoyer a débouché sur une avancée concrète. En septembre dernier, le Congrès péruvien a adopté une loi pour encadrer les activités professionnelles de dizaines de milliers de travailleuses domestiques. C’est une formidable victoire, qui devrait leur permettre de sortir de la précarité du secteur informel !

Grâce à la nouvelle loi, chaque travailleuse aura droit à 30 jours de vacances par an, un salaire minimum mensuel de 930 Soles (220€) et des journées limitées à huit heures de travail. Un contrat devra être passé obligatoirement, pour sortir du travail informel, et être enregistré au Ministère du Travail. En outre, une preuve de paiement devra être fournie par l’employeur, pour éviter toute tentative de fraude. Par ailleurs, afin de lutter contre les violences au travail auxquelles les travailleuses domestiques sont particulièrement exposées, la nouvelle loi établit une série de protections et bannit tout acte discriminatoire. Elles auront également droit à un repos de maternité et ne pourront pas être licenciées sous motif de grossesse.

Le Pérou a approuvé la nouvelle loi en septembre dernier, dans un contexte de crises politiques à répétition et de crise sanitaire aigue. Il est en effet l’un des pays du monde le plus gravement touché par la Covid-19, dont on sait qu’elle affecte plus durement les personnes en situation de précarité.

Mais quelles que soient les raisons qui ont permis l’adoption de la loi, cette victoire est avant celle des milliers de femmes qui ont compris que la force du collectif pouvait changer les choses. « On est extrêmement fiers du travail accompli, même si on sait que la pandémie du Covid-19 a également permis de comprendre l’importance de ce secteur pour faire tourner le pays et contribuer au PIB », affirment Andrea Salazar et Felipe Vega, deux représentants de la JOC Pérou.

Aujourd’hui, leur travail n’est pas terminé, loin de là. Il reste des défis à relever pour que les droits des travailleuses domestiques soient pleinement exercés et respectés au Pérou. En premier lieu celui de l’application de la loi. Une table de concertation réunissant syndicats et politiques a été mise en place afin d’assurer le monitoring du processus législatif. Il va aussi falloir faire connaître la nouvelle loi et s’assurer que les personnes s’en revendiquent. Car, au-delà des personnes syndiquées, qui restent minoritaires, les travailleuses domestiques sont souvent isolées, en détresse, et ne connaissent pas leurs droits. La JOC veut aussi sensibiliser les employeurs, souvent des particuliers, sans fédération patronale, auxquels il convient d’expliquer leurs nouvelles obligations. « On doit installer chez eux une culture du respect et de la bienveillance », expliquent les représentants de la JOC.

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