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Du climat à l’alimentation, il n’y a qu’un pas !

Arnaud Zacharie Arnaud Zacharie 24 août 2019

Cet été, le CNCD-11.11.11 a lancé une nouvelle campagne pour le droit à l’alimentation, qui succède à celle pour la justice climatique. Or, entre la justice climatique et le droit à l’alimentation, il n’y a qu’un pas. Que le climat ait un impact direct sur les politiques agricoles et alimentaires, cela va de soi. Toutefois, le lien entre les deux phénomènes n’a fait que se renforcer au cours des dernières années. Et pas vraiment pour le meilleur… En effet, l’impact des changements climatiques dans les pays pauvres, qui sont pourtant les pays qui polluent le moins, a lourdement affecté les rendements agricoles et la sécurité alimentaire. Les sécheresses de plus en plus récurrentes entraînent une raréfaction des ressources en eau, pourtant nécessaires pour irriguer les sols, ce qui pèse sur les rendements agricoles et exacerbe les crises alimentaires.

En Afrique, à l’horizon 2030, la production agricole pourrait baisser de 10%, tandis que 40% des terres dédiées au maïs pourraient devenir inutilisables

Si rien ne change, cette situation va empirer. Dans un rapport publié en juin dernier, la Banque mondiale a ainsi prédit de « vastes pénuries alimentaires » dans les prochaines décennies. Alors que le réchauffement global a déjà atteint 0,8°C, le plafond fatidique des 2°C de hausse de la température globale pourrait être atteint d’ici une génération ! Des températures extrêmes pourraient ainsi affecter les récoltes de riz, de blé, de maïs et menacer la sécurité alimentaire des pays pauvres. En Afrique, à l’horizon 2030, la production agricole pourrait baisser de 10%, tandis que 40% des terres dédiées au maïs pourraient devenir inutilisables, ceci alors que la population est appelée à doubler. En Asie du Sud et du Sud-Est, les inondations et les sécheresses pourraient devenir monnaie courante et la Banque mondiale prédit même qu’une bonne partie de la ville de Bangkok pourrait se retrouver inondée dans les années 2030 suite à la montée des eaux et aux cyclones.

L’alternative aux énergies fossiles, comme avaient été présentés les agrocarburants, n’en est pas une. En concurrençant les cultures vivrières, ils ont surtout pour effet d’aggraver la crise alimentaire. La moitié des 200 millions d’hectares de terres accaparées dans les pays pauvres depuis le début des années 2000 a d’ailleurs pour but la production d’agrocarburants. En outre, le fait de présenter les céréales comme le nouveau pétrole aiguise l’appétit spéculatif des fonds d’investissement, ce qui tire les prix alimentaires vers le haut et porte gravement atteinte au droit à l’alimentation.

Par conséquent, il n’y aura pas de droit à l’alimentation sans justice climatique. C’est pourquoi il est indispensable de renforcer la cohérence des politiques en faveur du développement.

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