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Climat

COP21 : tous à Ostende pour pousser nos ministres à prendre le train en marche

La Coalition Climat et Climate Express appellent à un grand rassemblement ce dimanche pour faire pression sur le monde politique, afin qu’il prenne des mesures à la hauteur de l’enjeu du réchauffement climatique.

Nul ne peut plus désormais l’ignorer : ce lundi 30 novembre a démarré la Conférence de Paris sur le climat, dont l’objectif est de permettre à la communauté internationale de parvenir à un accord mondial sur la lutte contre le réchauffement. L’événement aurait dû être précédé d’une grande marche citoyenne à Paris, qui fut malheureusement annulée à la suite des attentats du mois dernier.

Qu’à cela ne tienne, partout ailleurs dans le monde, y compris en Belgique, la mobilisation continue. Dimanche dernier, plus de six mille citoyens se sont exprimés un peu partout dans notre pays, d’Ostende à Habay, en passant par Bruxelles et Gand. Ils ont rejoint un mouvement très large : 785.000 personnes se sont rassemblées un peu partout dans le monde au cours du dernier week-end pour faire entendre leur voix. La mobilisation n’a pas attendu Paris, elle ne s’y arrêtera pas. Il y a six ans, les citoyens du monde entier avaient les yeux tournés vers Copenhague, où se déroulait le « sommet de la dernière chance » pour le climat. On se souvient de l’échec et de l’énorme déception qui en découla.

Heureusement, depuis six ans, les citoyens n’ont pas attendu. Partout en Belgique, comme ailleurs dans le monde, des initiatives se multiplient pour accélérer la transition vers une société plus durable. Des coopératives se mettent en place pour développer les énergies renouvelables. Des paysans, de plus en plus nombreux, franchissent le pas de l’agro-écologie ; des milliers de consommateurs s’unissent pour les soutenir au travers de groupes d’achats solidaires. Les modes alternatifs de transport se multiplient. Plus que jamais, la transition écologique est en route.

Mais nous savons pertinemment que cette route sera pavée d’obstacles et que ceux-ci ne peuvent être franchis par l’action individuelle. Le diagnostic scientifique est on ne peut plus clair : si l’Humanité veut préserver un environnement durable, elle n’a d’autre choix que de maintenir le réchauffement sous le seuil de 1,5ºC par rapport à l’ère préindustrielle. Or, ceci ne sera possible qu’au travers d’une sortie rapide et totale des énergies fossiles et un cap clair vers un mix énergétique basé à 100 % sur le renouvelable. Il a été prouvé que c’était possible, il nous reste à agir. Les changements de comportements des consommateurs et des entreprises sont donc indispensables, mais ils ne suffiront pas : il nous faut des décisions politiques pour les appuyer.

En effet, nous ne parviendrons pas à atteindre les objectifs que nous nous fixons si nous ne réalisons pas des investissements importants dans la transformation de nos infrastructures. De plus, le politique doit jouer son rôle pour s’assurer que la transition ne se fasse pas au détriment des plus faibles, chez nous et ailleurs dans le monde. Une transition juste nécessite que chaque mesure que nous prendrons soit évaluée en fonction de son impact sur la justice sociale et la diminution des inégalités.

C’est pourquoi, face à un problème mondial, il nous faut des solutions mondiales. Les citoyens n’attendent pas un accord international pour agir, mais ils le réclament pour renforcer leurs actions. Nos dirigeants ont donc la lourde responsabilité d’aboutir à un accord qui soit suffisamment juste, ambitieux et contraignant pour nous empêcher de faire marche arrière. Cet accord doit donner un cap à tous les pays du monde et garantir la justice climatique. Il doit permettre aux pays les plus pauvres, qui sont les premiers à subir les conséquences dramatiques du réchauffement, de disposer de moyens suffisants pour faire face. Il doit obliger les pays industrialisés à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre en interne, plutôt que de contourner le problème par l’achat de droits de polluer.

Or, il semble que nos voix n’aient pas suffi à relever le degré d’ambition de notre pays : il n’y a toujours pas d’accord interne sur la mise en œuvre des engagements passés ; la Belgique vient d’annoncer un montant ridicule de 50 millions d’euros par an pour soutenir la lutte contre les changements climatiques dans les pays en développement ; et à l’heure où l’Afrique prend résolument le chemin du renouvelable, notre pays décide coûte que coûte de prolonger des centrales nucléaires d’un autre âge. C’est pour toutes ces raisons que la Belgique s’est vue attribuer en début de semaine le titre de « Fossile du jour » par la société civile internationale.

Et c’est pourquoi il est important que les citoyens belges restent mobilisés. Nous serons des milliers à Ostende ce 6 décembre, pour affirmer que la transition ne peut se faire qu’avec la participation des citoyens. Nous voulons aussi rappeler à nos dirigeants que la construction d’un monde plus sûr passe nécessairement par une action volontariste contre le réchauffement climatique. Celui-ci est en effet vu par la plupart des spécialistes comme l’une des principales causes de déstabilisation géopolitique dans le siècle qui vient.

Nous serons à Ostende pour faire entendre notre voix jusqu’à Bruxelles et Paris. Nous y serons aussi pour nous renforcer les uns les autres. En effet, la route de la lutte contre les changements climatiques passe par la COP 21, mais elle ne s’arrêtera pas là. Soyons nombreux, ne laissons pas nos ministres rater le train de la transition.

Nicolas Van Nuffel est porte-parole de la Coalition Climat et Pauline Delgrange, porte-parole du Climate Express.

Source : carte blanche publiée dans Le Soir, 3 décembre 2015.

Tags: Climat

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