×

Burundi : suspension de l’aide belge au processus électoral

11 mai 2015

L’annonce du ministre De Croo est une réaction adéquate à la grave dérive du processus électoral au Burundi. La Belgique doit maintenant appeler clairement le président Pierre Nkurunziza à retirer sa candidature, comme l’ont fait l’Union africaine et les Etats-Unis.

Le CNCD-11.11.11 réagit positivement à l’annonce, par le ministre de la Coopération au développement Alexander De Croo, de la suspension du paiement de la deuxième tranche de l’enveloppe destinée à soutenir le processus électoral burundais. « Il faut saluer cette première étape vers un positionnement clair de la Belgique, souligne Arnaud Zacharie, secrétaire-général du CNCD-11.11.11. La candidature de Pierre Nkurunziza est contraire aux Accords d’Arusha et à la Constitution burundaise. Si l’on y ajoute le climat de violence entretenu par le pouvoir envers les représentants de la société civile, qui a déjà fait au moins 18 morts en deux semaines, il est clair qu’il n’est pas possible que les élections aient lieu dans un cadre démocratique. La Belgique doit maintenant aller plus loin et prendre une position aussi claire que l’Union africaine et les Etats-Unis en appelant Pierre Nkurunziza à retirer sa candidature pour un troisième mandat  ».

La suspension de l’aide à la police est elle aussi une étape indispensable : l’argent public belge ne peut servir à financer une police qui viole publiquement les droits humains, en tuant des manifestants pacifiques et en poursuivant les défenseurs des droits humains, obligés de se cacher pour éviter une arrestation ou une exécution sommaire.

« Le Burundi doit tourner la page de l’ère Nkurunziza. C’est une question de respect de la démocratie, mais aussi une condition indispensable à la paix dans toute la région. Si la communauté internationale laisse passer ce coup d’Etat constitutionnel, d’autres risquent de suivre, notamment en RDC en 2016 et au Rwanda en 2017. Et avec eux, on risque une recrudescence de la violence », prévient Arnaud Zacharie. Les accords qui ont permis la fin des guerres en Afrique centrale étaient en effet conditionnés par la mise en place d’une alternance démocratique. Si celle-ci n’est pas garantie, certains groupes politiques pourraient être tentés de reprendre les armes, dans une région déjà meurtrie par 20 ans de guerres ayant fait des millions de morts.

La Belgique et l’Union européenne doivent donc maintenant mettre tout leur poids diplomatique en soutien à l’Union africaine pour négocier la tenue d’élections démocratiques, ce qui implique d’exiger clairement le départ de Pierre Nkurunziza.

Tags: Burundi

Lire aussi

Antoine Kaburahe, Iwacu
Burundi

Antoine Kaburahe un journaliste en exil, mais debout

Depuis la Belgique où il vit en exil, Antoine Kaburahe, directeur d’Iwacu, le dernier média indépendant du Burundi, suit à distance la survie de cet hebdomadaire de référence qu’il a cofondé. Témoignage d’un intellectuel contraint de fuir ce pays (...)


  • Jean-François Pollet

    22 novembre 2018
  • Lire

Inscrivez-vous à notre Newsletter