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Opération 11.11.11

Avec les populations du Sud, principales victimes des changements climatiques

30 avril 2019

Les médias en ont à peine parlé. C’est pourtant l’un des plus graves désastres météorologiques de l’hémisphère Sud que viennent de connaître le Mozambique, le Malawi et le Zimbabwe. Environ un millier de personnes ont été tuées par le cyclone Idai qui a balayé l’Afrique australe les 14 et 15 mars derniers. La ville de Beira (500 000 habitants) a littéralement été rayée de la carte par les inondations. Elle est devenue la « première ville au monde détruite par les changements climatiques », chronique le journal Le Monde.

Pire : alors que le pays se remet à peine du passage d’Idai, un nouveau cyclone menace de faire des dégâts considérables. Kenneth a déjà fait 38 morts à ce jour. Il a détruit ou endommagé près de 35.000 habitations et, selon des experts, pourrait déverser deux fois plus de pluies que le cyclone Idai.

Le Mozambique, du fait de sa géographie, est particulièrement exposé à ce genre de catastrophes. Avec une longue façade maritime où se jettent plusieurs fleuves, il est voué à connaître toujours plus d’inondations du fait du changement climatique. Une situation particulièrement injuste quand on sait que le pays ne produit que 0,14 % des émissions de CO2 au monde. Sa production électrique est à 90 % issue d’énergies renouvelables, et 71 % de sa population vivent de l’agriculture de subsistance.

Plus généralement, de nombreux pays du Sud sont les victimes d’un changement climatique dont ils ne sont que peu responsables. La montée des eaux et les catastrophes naturelles menacent des dizaines de millions de personnes dans les grands deltas des pays du Sud. Le nombre de déplacés climatiques pourrait atteindre 150 millions en 2050.

Depuis des années, le CNCD-11.11.11 est le fer de lance du mouvement pour la Justice climatique en Belgique. Nos campagnes successives ont mis la pression sur les responsables politiques belges pour qu’ils prennent enfin la mesure de l’enjeu climatique – et pour que le Sud ne soit pas le grand oublié. Ce message résonne auprès d’une partie de plus en plus importante de la population belge. Ces dernières semaines, des dizaines de milliers de personnes ont manifesté pour le climat. Vous en étiez peut-être.

La justice climatique expliquée en deux minutes

CNCD-11.11.11, Bonjour
https://youtu.be/0RR1BI7ITEs

Pour l’heure, notre voix n’a pas encore porté suffisamment fort. Le Parlement n’a pas réuni avant sa dissolution la majorité des deux tiers nécessaire pour adopter une loi spéciale sur le climat. Cette bataille est perdue, mais certainement pas la guerre climatique. Tous les experts affirment que nous n’avons plus que dix ans pour éviter une catastrophe globale. Nous sommes plus déterminés que jamais à agir, ici et au Sud. Pour cela, votre soutien est indispensable.

Au Pérou, nous soutenons le MOCICC, coupole de la société civile active sur les questions climatiques. Quatre années de travail incessant lui ont permis de faire adopter, en 2018, une loi-cadre sur le changement climatique – assez similaire à celle que le Parlement belge a échoué à adopter. La loi n’est pas une solution miracle, mais elle oblige désormais tous les niveaux de pouvoir du pays à développer des politiques climatiques conséquentes. Elle met le Pérou sur la voie de la transition écologique.

Le MOCICC développe par ailleurs des projets concrets de résilience et de transition avec des communautés de citoyens et citoyennes, tant en milieu urbain que rural : mobilité douce, potagers urbains, transition énergétique, agriculture familiale...

Le MOCICC au Forum social panamazonien  (Crédit : © Stéphane Compère )

Grâce à vos dons, l’Opération 11.11.11 soutient aussi des projets qui aident très concrètement des communautés affectées à faire face aux conséquences du changement climatique.

C’est le cas au Sénégal, par exemple, dans le delta du fleuve Sine Saloum, où un grand projet a permis de planter des milliers de palétuviers et recréer ainsi une barrière naturelle contre les grandes marées et les tempêtes. Porté par des acteurs locaux, le projet reçoit le soutien de plusieurs ONG financées par l’Opération 11.11.11.

La mangrove de palétuviers constitue un maillon essentiel de l’écosystème local : en assurant la reproduction des écosystèmes de poissons et de crustacés, elle est indispensable à la subsistance des communautés de pêcheurs.
Or, avec le changement climatique, le niveau de la mer monte, les pluies se font plus rares et les réserves d’eau douce diminuent. Cette salinisation de l’eau pourrait être fatale aux palétuviers.

Sénégal : Il faut sauver la mangrove

Stéphanie Triest, CNCD-11.11.11
https://youtu.be/fmo2CWRuuI4

Face à cette menace pressante, le projet soutenu par l’Opération 11.11.11 a permis de reboiser pas moins de 100 hectares sur les îles avoisinant le village de Ndangane Sambou. Quelque 300 femmes ont été à pied d’œuvre pour replanter les pieds de palétuviers avec un soutien financier et logistique des associations.

A l’intérieur des terres aussi, au Sénégal, mais aussi au Mali, au Burkina Faso, au Niger, le réchauffement climatique se manifeste par des vents de sables venus du Sahel qui balaient tout sur leur passage, des saisons de pluies raccourcies et plus intenses, ne permettant pas l’absorption par les sols de cette ressource en eau si vitale pour l’agriculture et l’élevage. L’Opération 11.11.11 soutient des projets de développement d’une agriculture résiliente, qui régénère les sols et assure la souveraineté alimentaire : périmètres maraichers dans des aménagements antiérosifs qui retiennent l’humidité et les sols, production de compost, semences locales...

L'Opération 11.11.11 soutient aussi des projets qui aident très concrètement des communautés a affronter le changement climatique.  (Crédit : © Oxfam )

En Afrique australe aussi, le changement climatique a des conséquences : le cyclone Idai en a été une illustration extrême. Mais plus silencieusement, il affecte les cultures et les sols. Là aussi, des projets d’agro-écologie permettent d’apporter des réponses concrètes. Au Mozambique, par exemple, un projet porté par Oxfam-Solidarité met au cœur de son approche les pratiques d’adaptation et de mitigation (irrigation, conservation des sols...).

Le changement climatique affecte toute la planète. Mais au Sud, il entraîne déjà des conséquences tragiques. Pour aider les communautés locales à y faire face, votre soutien est indispensable.

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