Le TTIP ouvre grand la porte à la malbouffe

Face aux protestations, les autorités européennes ont voulu rassurer en déclarant que les OGM ou le bœuf aux hormones ne font pas partie du TTIP. En face, le gouvernement américain affirme qu’il n’y aura pas de TTIP sans cela. Avant-même sa conclusion, la négociation du TTIP a déjà affaibli des décisions européennes sur les OGM et les pesticides.

Le TTIP ouvre grand la porte à la malbouffe

L’agro-industrie américaine a très tôt fait connaître sa liste d’exigences en matière de réglementation alimentaire européenne : elle veut affaiblir les réglementations européennes en matière de bien-être animal, pouvoir utiliser de la rectopamine dans l’alimentation des porcs, des hormones et antibiotiques pour la croissance du bétail et accélérer l’autorisation des OGM. Tom Vilsack, ministre américain de l’agriculture, a plusieurs fois laissé entendre que les OGM et le bœuf aux hormones étaient des conditions sine qua non au TTIP.

Dans le secteur de l’alimentation, l’UE utilise le principe « de la ferme à l’assiette » qui impose des normes d’hygiène strictes pour chaque stade de la production, la transformation et la préparation des aliments pour la consommation. Aux États-Unis, il suffit d’appliquer des désinfectants en bout de chaîne pour pouvoir considérer le produit final comme propre à être consommé. Cette technique, que l’agro-industrie américaine souhaite exporter vers l’UE, présente des risques sanitaires tout au long de la chaine de production.

La pression américaine a déjà poussé l’UE à autoriser le traitement du bœuf en bout de chaîne à l’acide lactique, à geler une réglementation de santé publique sur les pesticides et à accélérer l’autorisation à l’importation de 19 produits OGM dont 11 produits par Monsanto.

Cela ne vaut pas que pour l’alimentation. Les normes de produits sont souvent très différentes, par exemple pour les cosmétiques : l’UE interdit plus de 1300 produits chimiques dangereux, contre seulement 11 pour les USA. La reconnaissance mutuelle des normes en la matière se ferait très probablement au détriment du consommateur européen. De manière générale, alors que le principe de précaution prévaut dans les législations européennes, la législation américaine impose que la preuve d’un dommage soit avérée avant que des mesures de restriction/d’utilisation soient prises.