Le TTIP et le CETA affaibliraient l’ambition des politiques climatiques européennes

Par exemple, alors-même qu’ils ne sont pas encore signés, la négociation de ces traités a déjà mis sous pression la directive relative aux carburants et affaibli son encadrement des sables bitumineux canadiens, le pétrole le plus sale du monde.

Le TTIP et le CETA affaibliraient l'ambition des politiques climatiques européennes

En termes de politique climatique, l’Europe et les Etats-Unis ont des profils différents : ainsi, en 2014, les émissions de gaz à effet de serre américaines annuelles par habitant équivalaient au double des émissions européennes. Par ailleurs, l’Union européenne a toujours été en avance sur les Etats-Unis en termes d’engagements climatiques, visant l’élimination quasi-complète des émissions de gaz à effet de serre à l’horizon 2050.

L’Europe risque de perdre sa longueur d’avance climatique. Sa politique de soutien aux énergies renouvelables et de transition énergétique pourrait être affectée. Les documents confidentiels publiés par Greenpeace début mai 2016 ont confirmé ces craintes : aucun chapitre ne fait mention d’une quelconque protection des politiques de lutte contre le réchauffement climatique ; au contraire, les Etats-Unis demandent que l’UE abandonne le principe de précaution.

L’industrie européenne ne cache pas ses intentions d’utiliser le TTIP pour avoir accès aux gaz de schistes américains bon marché, avec tous les risques environnementaux liés à la fracturation hydraulique. Des documents officiels de négociation qui ont filtré prévoient de faire entrer en Europe des flots d’importations de sables bitumineux, considérés comme « le pétrole le plus sale du monde ». Comme le souligne Juliette Renaud, de l’ONG Les Amis de la Terre : « La Directive européenne sur la qualité des carburants est sans doute la première politique européenne démantelée par cet accord commercial, avant même la conclusion des négociations »