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Élections 2019 : les réponses de partis

Justice climatique

Tous les partis en faveur de plus d’ambition climatique

15 mai 2019

Avec les mobilisations pour le climat de ces derniers mois, le changement climatique est devenu une question largement consensuelle à la fin de cette législature. Ainsi, tous les partis francophones sont en faveur d’une révision à la hausse des objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Mais les partis continuent cependant de s’opposer sur les moyens, en particulier la protection à apporter aux populations qui souffrent des dérèglements climatiques.

La justice climatique expliquée en deux minutes

CNCD-11.11.11, Bonjour
https://youtu.be/0RR1BI7ITEs

Parmi les grandes revendications figurant dans le mémorandum du CNCD-11.11.11, la finalisation d’un plan national énergie climat ambitieux et la révision avant 2020 des objectifs du Paquet énergie-climat 2030 font l’unanimité, ceci afin de les mettre en phase avec les engagements de l’Accord de Paris. Pour le cdH, cette question doit même être la priorité de la prochaine Commission européenne, et pour le PS, une priorité dans tous les parlements où ils siègeront.

Les six partis (PS, MR, Ecolo, Défi, cdH et PTB) sont également en faveur d’un plan européen d’investissement de 1 000 milliards d’euros sur plusieurs années, de manière à financer la transition énergétique de l’Union européenne et à tendre progressivement vers 100% d’énergies renouvelables. Cependant, sur la mise en œuvre, différentes propositions sont amenées par les partis, le MR plaidant pour une banque du climat avec prêt à taux zéro, tandis que le cdH prône la création d’un Fonds « Environnement Climat » sous l’égide du Parlement européen.

Par ailleurs, les engagements pris aux Nations Unies par la Belgique de soutenir financièrement les pays en développement dans la lutte contre le réchauffement restent visiblement encore mal compris par la plupart des partis politiques, les réponses démontrant que les nuances du dossier restent parfois peu claires. Alors que DéFi insiste pour que le climat reste un secteur prioritaire de l’aide au développement, mais sans préciser l’ampleur de la contribution souhaitée au financement climat, le MR se dit contre la contribution de 500 millions d’EUR annuels au financement climat. Le cdH, ECOLO, le PS et le PTB reconnaissent quant à eux que l’effort financier doit être amplifié. Le CNCD-11.11.11 et ses membres plaident pour que le financement climat octroyé par la Belgique soit non seulement amplifié, mais également additionnel à l’aide publique au développement, conformément aux engagements pris dans l’Accord de Copenhague.

Au niveau de la politique belge, la préparation du plan national énergie-climat est considérée comme une priorité par tous les partis. Et bien que la question de la gouvernance n’ait pas été explicitement posée, on sent la préoccupation dans le chef de certains partis, le cdH élaborant sa réponse sur la nécessité d’une loi climat et d’un accord de coopération (mais non une « loi spéciale climat » qui clarifierait le cadre pour tous les niveaux de pouvoir) et la création d’une agence interfédérale du climat, tandis que le PTB s’exprime en faveur de la re-fédéralisation.

Le point clivant du dossier concerne surtout la solidarité envers les victimes des dérèglements climatiques. Ainsi, la question de la mobilisation des ressources financières pour le mécanisme pour les pertes et préjudices fait presque l’unanimité, le MR précisant vouloir respecter les engagements pris dans l’Accord de Paris. Mais la question la plus sensible reste la politique spécifique à développer pour protéger les déplacés climatiques et environnementaux : à gauche et au centre de l’échiquier politique, les partis (PS, ECOLO, PTB, cdH et Défi) sont assez unanimement favorables à l’idée de travailler sur la question, tandis que le MR reste fidèle à sa ligne politique et évoque plutôt les conditions d’accueil des déplacés climatiques dans les pays « limitrophes » à l’Europe.






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